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Au 4e étage d’un immeuble de Fontvieille, dans les locaux de Monaco Cloud, le prince Albert II a lancé il y a quelques jours le premier serveur du cloud souverain de la Principauté. Sans faste, en toute discrétion. Mais ce jour-là est à marquer d’une pierre blanche.

Monaco devient le premier pays en Europe à disposer d’un cloud souverain d’État qui sera opéré via la création de la société Monaco Cloud.

En maître de cérémonie de ce grand jour, Frédéric Genta, le Monsieur numérique de la Principauté. “Nous y sommes, le cloud souverain devient une réalité à Monaco. Monseigneur, ce cloud répond aux lignes directrices que vous nous avez données dans le cadre du programme de transformation numérique de notre économie et de la Principauté tout entière: Extended Monaco. Il correspond à votre volonté de conjuguer essor économique et respect des valeurs essentielles de Monaco telles que la sécurité et le développement durable. Il incarne le fait que le numérique à Monaco est un facteur d’attractivité essentiel tout en étant responsable.”

Mais qu’est-ce qu’un cloud? Et en quoi est-il essentiel? On vous livre 5clés pour tout comprendre de l’importance de ce cloud souverain.

1. Il sert à stocker des données

Le cloud – qui signifie nuage en anglais – est un système de stockage de données.

À Monaco, le cloud stocke déjà les données de l’État et de son administration, donc une partie de celles des citoyens. Il stocke aussi celles de certaines entreprises monégasques qui lui en ont confié la gestion.

Ces données, au lieu d’être stockées sur un disque dur ou une mémoire, sont disponibles sur des serveurs distants et accessibles par Internet. Concrètement, c’est une sorte de tour de contrôle digitale qui fluidifie et facilite toutes les interactions.

2. Il est essentiel à l’essor économique de la Principauté

Si le premier client de Monaco cloud est l’État, sa vocation est aussi de stocker les données des entreprises monégasques, mais aussi celles des investisseurs étrangers désireux de s’installer en Principauté, et de devenir un poumon économique pour Monaco. Le cloud est donc bien un outil clé dans le déploiement de l’influence économique à Monaco et au-delà de ses frontières.

Cette infrastructure sert de socle pour couvrir l’ensemble des besoins informatiques, existants et à venir, des entreprises à Monaco. Avec une ambition économique: faire bondir le chiffre d’affaires à 65 millions d’euros à l’horizon 2026.

“Nous sommes prêts à relever le défi, a annoncé lors du lancement le directeur général de Monaco Cloud, Pierre Puchols. L’objectif est que le privé soit prépondérant.”

“En s’attachant les services de notre cloud, explique Frédéric Genta, les entreprises n’auront plus besoin de disposer d’un local dédié pour stocker leurs propres serveurs, plus besoin non plus d’investir dans de nouvelles infrastructures en cas de besoin ponctuel, ni d’embaucher du personnel dédié pour installer et maintenir leurs propres outils informatiques. Tout cela sera automatisé et accessible directement via le portail de Monaco Cloud.”

Des entreprises qui bénéficieront donc des services de stockage du cloud, mais aussi de ses capacités de calcul décuplées ou encore des services de sécurité, tels que la signature électronique ou le coffre-fort numérique. “Pour l’image, consommer des services Monaco Cloud revient à recevoir son électricité de la part de la SMEG sans avoir à posséder ses propres générateurs sur place ni les équipes pour s’en occuper”, résume Frédéric Genta.

3. Il est ultra-sécurisé

Se pose alors le problème de sécuriser ces données. La crise du Covid a justement été une démonstration de l’importance pour un pays de maîtriser ses infrastructures numériques.

À Monaco, souveraineté et sécurité sont ancrées dans l’ADN. Il en est de même pour le cloud qui a été conçu et continuera à se développer avec l’implication active de l’Agence Monégasque de Sécurité Numérique dirigée par Frédéric Fautrier.

“Cette collaboration avec l’AMSN doit faire de Monaco Cloud une véritable vitrine pour la cyber-sécurité et ainsi porter la sécurité numérique à un niveau inédit en Principauté, insiste Frédéric Genta. Et il est plus facile de sécuriser fortement un bastion qu’une multitude de petites tours.”

4. Il est souverain

La souveraineté est également un élément clé au cœur des préoccupations des chefs d’État européens face à l’hégémonie des États-Unis et de la Chine. Et le cloud est l’élément essentiel pour matérialiser cette souveraineté.

Si des initiatives embryonnaires apparaissent en Europe, Monaco reste le premier pays européen à lancer un cloud souverain d’État.

“Concrètement cela signifie que les données sont hébergées sur notre sol et donc relèvent de la loi monégasque. Une sauvegarde sera effectuée au Luxembourg via notre e-ambassade, ce qui constitue également une première mondiale et préfigure une diplomatie du futur.”

La souveraineté se traduit jusque dans le montage capitalistique de Monaco Cloud. L’État est actionnaire majoritaire et le capital restant est attribué à des acteurs monégasques, en l’occurrence un consortium d’investisseurs et un partenaire industriel, Monaco Digital.

5. Il est écolo

Enfin il est évident qu’en 2021 transitions numérique et écologique sont intimement liées: pas d’action de développement durable d’ampleur sans le recours au numérique. Mais en même temps le numérique peut aussi s’avérer néfaste pour l’environnement s’il n’est pas maîtrisé et conçu avec le souci de l’écoresponsabilité. Le cloud souverain se doit à la fois d’être exemplaire écologiquement et de contribuer aux actions de progrès environnementales.

“Notre objectif est de réduire la consommation énergétique des clients du cloud par rapport au modèle actuel de serveurs localisés dans les entreprises”, explique le directeur général, Pierre Puchols.

En travaillant notamment avec des partenaires fournisseurs qui sont Monaco Télécom, qui héberge les serveurs, et la SMEG, en particulier sur le recours à des énergies 100% renouvelables et l’optimisation de la consommation des datacenters, et en menant d’autre part une politique volontariste de recyclage des matériels, Monaco Cloud vise le “zéro carbone” pour 2025.

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