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Le plan est ambitieux et très attendu. En déplacement à Marseille, Emmanuel Macron a assumé son choix d’aider la ville, disant même qu’il s’agit d’ “un devoir de la Nation” a-t-il affirmé, assurant que son plan pour la deuxième ville de France sera “bon pour le pays tout entier”.

“Beaucoup d’élus disent : ‘pourquoi Marseille?”, a commencé le chef de l’Etat dans un discours dévoilant son grand plan pour la ville. “J’assume complètement que le devoir de la Nation est d’être aux côtés des Marseillais et des Marseillaises”, a-t-il répondu, se lançant dans un long inventaire des faiblesses mais aussi des forces d’une ville “formidable”.

Un plan d’un milliard et demi d’euros 

Marseille est une “ville-monde”, “à la confluence de tous les défis” notamment “climatiques, migratoires“, “plus pauvre que d’autres” avec une pauvreté qui “s’est concentrée toujours aux mêmes endroits”, a décrit le président après deux jours de visite concentrée principalement dans les quartiers du nord de la ville, les plus déshérités. 

Alors le chef de l’Etat a sorti le carnet de chèques. L’État apportera au total à Marseille environ 1,5 milliard d’euros de financements nouveaux, principalement pour les transports mais aussi pour la culture et la sécurité, a détaillé l’Élysée jeudi soir. S’y ajouteront une contribution à la rénovation de 174 écoles, encore à chiffrer, a ajouté un conseiller d’Emmanuel Macron. Soit la création d’une société ad hoc d’ici la fin de l’année pour réhabiliter les écoles les plus délabrées.

“Désenclaver les quartiers nord et lier le nord et le sud”

Le chef de l’Etat a également annoncé l’installation de dix micro-collèges et dix micro-lycées dans les quartiers les plus en difficulté. Il a aussi promis un milliard d’euros pour l’automatisation du métro, la création de quatre lignes de tramway et de cinq lignes de bus à haut niveau de service. Le but est de “désenclaver les quartiers nord et lier le nord et le sud”.

L’ordonnance pour la mise en chantier de la ligne Provence-Côte d’Azur sera prise dès le mois prochain. L’État apportera d’ailleurs, 1,4 des 3,4 milliards nécessaires au projet. Sur le plan de la santé, Emmanuel Macron a aussi promis une rallonge de 50 millions d’euros pour la création d’un pole mère-enfant à l’hôpital de la Timone et soutenir la création d’une maison des femmes. Outre ces annonces, il a aussi dévoilé le lancement d’Odysséo :  un lieu de sensibilisation dédié à la protection de l’environnement méditerranéen qui devrait voir le jour d’ici à 2026. 

Une clause de revoyure 

Sur le plan culturel Emmanuel Macron a souhaité la création “des grands studios de la Méditerranée” pour accueillir des tournages de films et de séries. L’État soutiendra aussi le projet d’une antenne marseillaise de la cinémathèque française, mené par Costa-Gavras.

Pour l’emploi des jeunes, 100 jeunes marseillais entreront dans un parcours de formation avec des militaires des Bouches-du-Rhône, dès l’automne, sur le modèle du service militaire adapté. Quant au plan social, 30 éducateurs supplémentaires et 30 médiateurs seront recrutés pour aider les familles dans les quartiers. 

Le président a indiqué par ailleurs qu’il reviendrait en octobre et en février à Marseille pour faire le point des engagements. 

Cinquante écoles “laboratoire” avec des enseignants choisis

Le président de la République a annoncé vouloir expérimenter à Marseille, dans 50 écoles “laboratoire”, et ce dès la rentrée 2022, la liberté du choix des enseignants par les directeurs. Dans ces écoles, a-t-il ajouté, il faudra “pouvoir d’abord choisir les enseignants, pour être sûr qu’ils sont pleinement motivés, qu’ils adhèrent au projet”, a-t-il insisté, en reconnaissant dire “plein de gros mots pour beaucoup de gens”.

Le chef de l’État a partagé son ambition d‘”inventer ici l’école du futur”. Cette école, “elle n’existe pas en France aujourd’hui”, a-t-il insisté, “et donc je veux ici qu’on puisse en quelque sorte innover et mettre en place à côté de ces investissements dans les bâtiments, une méthode radicalement nouvelle pour l’éducation de nos enfants”.

“Les parents me disent: à tel endroit les profs ne viennent plus, ça arrive parce qu’il y a des gens qui sont fatigués de travailler trop longtemps dans les quartiers difficiles”, a estimé le président. “On doit permettre à nos enseignants de choisir ces quartiers et les projets pédagogiques qui vont avec, c’est pas le cas aujourd’hui”, a-t-il déploré.

En France, les 45.000 directeurs ou directrices d’école sont des professeurs des écoles, pour lesquels le ministère a versé en novembre dernier une indemnité exceptionnelle de 450 euros.

Le président a esquissé des aspects de cette “école du futur“, qu’il veut expérimenter à Marseille, évoquant notamment beaucoup d’élèves “qui sont allophones”: “Et bien on doit permettre peut-être d’avoir des aides” ou encore “d’adapter les rythmes scolaires”.

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