Quelques dizaines de salariés du ministère du Travail, très majoritairement des inspecteurs, se sont mobilisés mardi 22 juin à Paris pour dénoncer leurs conditions de travail et un manque d’effectifs lors d’une journée nationale de mobilisation, a constaté un journaliste de l’AFP.

“Inspecteur du travail, épidémie de postes vacants”, clamait une pancarte aux abords du ministère, à l’angle de rue de Grenelle et du boulevard des Invalides où une cinquantaine de personnes se sont rassemblées dans l’après-midi à l’appel d’une intersyndicale (CGT-SUD-FSU-FO-CFDT-Unsa-CFDT).

“Lors de ma mission précédente, j’ai occupé deux postes à la fois pendant six mois. C’était très stressant parce que je ne pouvais faire mon travail correctement. Je devais choisir les pires dossiers et laisser le reste” pour plus tard, a témoigné une inspectrice du travail évoluant en Ile-de-France, qui a souhaité garder l’anonymat.

Dans un communiqué, la CGT-TEFP (travail, emploi, formation professionnelle) réclame, au lieu d’un plan de recrutement de 300 inspecteurs sur trois ans, qu’il soit porté à 1.000 pour remplacer 300 emplois non pourvus et 700 départs à la retraite, “sans compter des créations de postes”.

25 à 30% des effectifs manquent dans certains départements

Au-delà des inspecteurs du travail, “la situation dans les services est catastrophique (…) En Ile-de-France, on est soi-disant en sureffectif de 4%” parmi les personnels du ministère “alors que 82 postes d’agents sont vacants. Pour certains départements, il manque 25 à 30% des effectifs”, affirme Simon Picou, secrétaire national CGT-TEFP.

Entre les postes vacants et les départs à la retraite, les syndicats estiment qu’un bon nombre d’emplois “vont être supprimés et pas remplacés”.

Autre point de blocage: la réforme de l’organisation territoriale entrée en partie en vigueur le 1er avril 2021 qui, au niveau départemental, fusionne certains services et oblige à une réorganisation des tâches entraînant des dysfonctionnements, selon les syndicats.

Dix postes supprimés en quatre ans, dans la Loire 

Des initiatives semblables étaient prévues dans plusieurs départements. A Saint-Etienne, près des trois-quarts des agents de la nouvelle Direction du ministère du travail (qui remplace la Direccte depuis le 1er avril) étaient en grève et un cortège de 150 personnes a rejoint la préfecture où une délégation a été reçue, selon les organisateurs.

Selon Kevin Goutelle, inspecteur du travail et représentant SUD, le nombre de ses collègues “est passé dans la Loire de 27 à 17 depuis 2017” et “plus d’une cinquantaine de communes du département, dont Saint-Chamond et une partie de Saint-Etienne, sont désormais dépourvues d’agents de contrôle”

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