Mis à jour le 06/04/2021 à 21:57

Publié le 06/04/2021 à 22:00

Les cours pour les enfants du personnel prioritaires ont commencé ce mardi à Nice.
(Photo Frantz Bouton)

Ces parents “prioritaires” se retrouvent en galère pour faire garder leur enfant, ils témoignent


L’Education nationale d’un côté, la Ville de Nice de l’autre, ont déployé leurs services pour accueillir les enfants des personnels dits prioritaires. Pourtant, certains n’ont pas pu faire garder leurs petits ou alors avec difficulté. Témoignages.

Charles-André Fieschi est un infirmier libéral de 50 ans. Il élève seul une petite fille de 20 mois à Nice.

“Je ne comprends pas trop, livre-t-il au téléphone. J’ai appelé le service Petite enfance de la Ville de Nice, on m’a baladé d’un service à l’autre pour finalement me dire qu’on m’appellerait dans la semaine. J’avais rempli le formulaire demandé, présenté mon attestation et ma carte professionnelle mais on ne m’a pas proposé de solution. J’ai dû me faire remplacer pour les deux prochains jours mais après cette période je serai vraiment embêté. Je vais peut-être essayer de faire appel à une voisine.”

Pour Maxime Lescouzères, qui travaille à Monaco et dont la compagne, Alice, est étudiante à l’école d’infirmières, c’est une galère similaire. “Notre petit garçon de 2 ans va à la crèche de Terra Amata à Nice, raconte-t-il. Nous avons reçu un e-mail de la mairie qui nous indique que les enfants qui avaient droit à la garde étaient ceux dont les deux parents faisaient partie de la liste des professions prioritaires. Donc ça ne fonctionne pas pour nous. C’est pénalisant pour l’effort national pour vacciner la population. Ma femme est mobilisée, moi je me suis mis en télétravail aujourd’hui, mais je ne pourrai pas le faire tout le temps car c’est impossible de gérer un enfant en bas âge et travailler en même temps.”

Du côté de Tourrette-Levens, le docteur Alexandra Repetto s’est battu pour que ses deux enfants soient acceptés à l’école ce mardi. “Je suis chirurgien-dentiste, livre-t-elle. Je fais partie des personnels prioritaires. Pourtant, l’inspectrice d’académie ne voulait rien savoir. J’ai dû multiplier les e-mails et les coups de téléphone pour finalement avoir une réponse positive samedi en fin de soirée et mes enfants ont été acceptés en classe ce mardi.”

Enfin, à Saint-André-de-la-Roche, Johan et Cindy Broutin tiennent le garage Pneurop montage. Le couple a deux enfants de 5 et 7 ans. S’ils savent bien qu’ils ne font pas partie de la liste des personnels prioritaires, ils s’étonnent qu’en tant que commerce essentiel autorisé à ouvrir ils ne puissent pas bénéficier de la garde de leurs enfants. “Je trouve ça contradictoire avec ce qu’ils proposent, estime Johan. Ma femme travaille avec moi, là, elle est obligée de prendre des congés et ça peut être catastrophique si dans certaines entreprises ces problématiques touchent plusieurs employés. À l’école on ne sait pas nous répondre et on ne nous propose aucune solution alternative.”

Enfants acceptés : ce que disent les autorités

Du côté du rectorat de l’académie de Nice, on se félicite d’avoir pu accueillir plus de 3 500 élèves pour ce premier jour de confinement. Et on se défend de causer des difficultés aux parents prioritaires. « La liste des professionnels de santé dont les enfants sont prioritaires a été publiée et toutes les écoles et collèges ont communiqué. Le gouvernement est clair, ce sont les élèves dont les parents travaillent en lien avec la gestion de la crise sanitaire. Nous avons élargi cette liste aux parents d’élèves qui travaillent à la vaccination et au tracing. »

Pour les services de la Petite enfance, qui relèvent de l’autorité de la Ville de Nice, il est indiqué sur le site Internet de la mairie que l’enfant est considéré comme prioritaire si « les deux parents ou la famille monoparentale [ont] une profession prioritaire ».

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