Il y a un côté Indiana Jones chez Bertrand Monnet. La semaine, il est professeur à l’Edhec, école de commerce dont l’un des sites se situe à Nice, où il est directeur de la chaire management des risques criminels, et parfois il s’évade aux quatre coins du monde pour raconter de l’intérieur comment fonctionnent certaines entreprises criminelles. Ainsi, il a pu rencontrer le Premier commando de la capitale au Brésil où les pirates dans le delta du Niger.

Là, après huit années d’approche, le professeur a pu s’immerger pendant sept semaines – en trois fois – au cœur d’un des cartels les plus puissants du Mexique, celui de Sinaloa. Coproduit par Netflix, son documentaire en deux parties est diffusé ce mardi soir sur RMC Story. Une plongée incroyable auprès d’une multinationale qui a mis le pouvoir mexicain à genoux. “Je voulais comprendre leur économie, ce qui est mon métier, et non observer leur crime. C’était intéressant de filmer la chaîne de valeur, de la fabrication du produit à sa valorisation”, détaille Bertrand Monnet.

Corrompre et blanchir

Pour des questions de sécurité, le reportage s’est fait en trois fois. “Il ne faut jamais rester trop longtemps même si on est en confiance. Il faut toujours demander avant de filmer, être transparent avec eux. Ils savaient ce que j’avais fait avant, c’est un lien de confiance mais en aucun cas d’amitié”, poursuit-il. Dans un pays où la police et même les hautes sphères politiques sont corrompues, seule l’armée résiste encore aux puissances des cartels.

Finalement, le seul vrai danger réside dans la cohabitation entre cartels, il y en a huit au Mexique. Face à ces véritables entreprises du crime, les parallèles avec le monde de l’entreprise sont impressionnants. Monnet encore: “Les chefs sont très intelligents et violents, ils savent gérer des stocks, faire de la production industrielle et, surtout, ils savent comment blanchir de l’argent. Cette capacité à blanchir et à corrompre est incroyable. Ils ont deux atouts par rapport au monde de l’entreprise classique, ils n’ont aucune éthique et ils peuvent utiliser la violence.”

Cette plongée mexicaine permet surtout au professeur de mettre en pratique ce qu’il enseigne à ses élèves. “Je fais des publications, des documentaires, ce sont des éléments essentiels pour comprendre ce business quand les informations viennent directement de la source.” A

lors que les séries comme Narcos ou ZeroZeroZero fascinent les amateurs, Bertrand Monnet voit ça en prise directe. “La réalité est plus laide. Ce sont la plupart du temps des gens d’une grande banalité physique à l’exception de ce regard qui impressionne à chaque fois… Le fait qu’ils fascinent m’interroge alors que ça devrait effrayer, ils vendent quand même la mort…” Malgré tout, l’homme ne s’est jamais vraiment senti en danger. “Tout ce qui a été filmé l’a été avec leur accord. Tout est cadré, je ne prends jamais d’initiative et il faut absolument rester dans les clous avec eux”.

 

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