Alors que la saison estivale est lancée, la Société des Bains de Mer redémarre enfin. Si la crise sanitaire est toujours là, l’heure est à l’optimisme. Jean-Luc Biamonti, président délégué, explique ses projets, ses réflexions, ses ambitions ; en exclusivité pour Monaco-Matin.

Après le plan de restructuration qui s’est imposé dès 2020, la relance est de retour ?

Nous nous mettons en position de pouvoir profiter le mieux possible du rebond – en espérant qu’il soit bel et bien là, ce qui semble pour le moment se confirmer. Nous avons souhaité intégrer un peu plus la gestion des opérations, c’est-à-dire les hôtels et les casinos. Ce qui permet de travailler davantage ensemble vers un but commun. Pascal Camia devient directeur des opérations. Il a, en dessous de lui, Rudy Tarditi, l’ancien directeur du Casino Café de Paris, qui devient directeur des Jeux.


Est-ce que le début de saison est bon ?

Notre exercice commence le 1er avril. Le premier trimestre a été un peu plus difficile que prévu. Début 2021, nous nous attendions à une amélioration sensiblement plus rapide de la situation sanitaire. Nous avions donc pensé que le Grand Prix serait plus animé qu’il ne l’a été. Juillet va être bon. Et nous avons une assez bonne visibilité sur août qui sera sur la même lancée. Est-ce que ces deux mois, qui semblent confirmer une certaine reprise, suffiront pour compenser la moins bonne performance du premier trimestre ? Je ne sais pas…


Quand vous parlez de reprise, est-ce le fait de la fréquentation ou du pouvoir d’achat des clients ?

Les deux ! Les gens dépensent un peu plus. Il est clair que nous assistons à un rattrapage de la consommation. On voit qu’il y a une envie de sortir et de s’amuser. Il est probable que ce phénomène va progressivement s’amenuiser.

“susciter l’attrait de la clientèle individuelle” 


Comment voyez-vous la fin de l’année ?

C’est un peu notre préoccupation parce que beaucoup d’événements ont été annulés comme les Rendez-vous de septembre. En mars, alors que les organisateurs du congrès de la réassurance n’avaient pas de visibilité, ils ont préféré renoncer. C’est vrai que cette période va être difficile. Nous avons donc choisi de décliner un nouveau thème : “Liberté Monte-Carlo”.


De quoi s’agit-il ?

Nous proposerons un premier concert de lancement autour du 10 septembre place du Casino. Le concept est de choisir des artistes émergents sélectionnés avec soin. L’objectif est de susciter l’attrait de la clientèle individuelle pour venir à Monaco vivre des expériences uniques. La réflexion est en route. Le 20 juillet, je dois voir les patrons des hôtels et des casinos afin qu’ils nous proposent des choses qui ne se sont jamais faites en Principauté.


Quel est votre budget pour ce programme de septembre ?

Nous sommes toujours dans une période financièrement difficile. Il n’est hélas pas possible d’effacer la crise en quelques jours. Nous avons dû emprunter beaucoup d’argent. Il faut donc faire attention. Pas question de dépenser à tort et à travers. Nous réfléchissons à l’utilisation d’endroits un peu particuliers, des moments différents,… Il faut avoir des idées insolites, inhabituelles qui peuvent attirer les gens pour trois ou quatre jours à Monaco.

“Monaco a un regain d’activités, notamment dans le domaine artistique”


Un exemple ?

À l’Hermitage, nous allons créer les vendanges de la Liberté (dans l’esprit des vendanges faites pour les 150 ans de la SBM en 2013). Une vigne va être plantée et débordera dans les allées de l’avenue des Beaux-Arts et du One Monte-Carlo. Ce sera l’occasion de différentes animations autour du vin du 10 au 25 septembre.


Contrairement à certains restaurants en ville, vous n’avez pas été sanctionné par des fermetures administratives durant la crise. Auriez-vous été à ce point exemplaire ?

Il fallait tout d’abord respecter notre personnel et les clients. De plus, la SBM, avec la visibilité qui est la sienne, si elle n’avait pas suivi scrupuleusement les règles édictées par le gouvernement, cela aurait eu un impact retentissant.


Le manque de visibilité à moyen et long terme ne rend-il pas votre tâche particulièrement difficile en ce moment face aux actionnaires ?

Il faut être optimiste. Il n’y a pas d’alternative. Globalement, nous allons vers le mieux. La vaccination progresse. Il est vrai que nous avons peu de visibilité pour l’automne ; mais davantage sur la fin de l’année et début 2022, périodes pour lesquelles les réservations démarrent avec des pénalités financières réduites. Et si la situation s’améliore, les perspectives ne sont pas mauvaises au premier trimestre de l’année prochaine.


Quel bilan faites-vous de cette période si singulière ?

Nous sommes restés ouverts même aux moments les plus durs de la crise. Nous n’aurions jamais pu le faire sans l’État et la mise en place du CTTR. Aujourd’hui, Monaco a un regain d’activités, notamment dans le domaine artistique. Il faut essayer de faire revivre ce pays qui n’a jamais baissé les bras.

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