“La seule solution aujourd’hui, c’est la vaccination de masse”, est convaincue Brigitte Wadih, l’une des coordinatrices du vaccinodrome de Perpignan qui injecte quotidiennement quelque 1.800 doses.

“On est dans une course contre la montre! Si on veut réussir (à contenir l’épidémie), il faut qu’au moins 90% de gens soient vaccinés le plus rapidement possible, pour empêcher aussi le Covid de muter en des variants toujours plus contagieux”, affirme cette infirmière de 60 ans.

Le taux d’incidence atteint désormais dans le département 289,8 cas/100.000 habitants, le plus élevé de métropole, alors qu’il n’était que de 41,5 cas/100.000 habitants il y a une semaine, indique à l’AFP l’Agence régionale de santé.

Le préfet des Pyrénées-Orientales vient de prendre de nouvelles mesures rendant désormais le masque obligatoire en extérieur, sauf à la plage et dans les grands espaces naturels, et obligeant les cafés et restaurants à fermer à 23H00.

“Pour ma liberté” ?

Des personnes attendent au centre de vaccination à Perpignan, le 18 juillet 2021 AFP / RAYMOND ROIG.

Dimanche dès 07H00 du matin, une dizaine de personnes se pressaient déjà devant le vaccinodrome de la cité catalane, principalement des candidats sans rendez-vous ayant hésité jusqu’au dernier moment, venant plus par envie de profiter pleinement de l’été et de ses plaisirs que par conviction sanitaire.

“Je trouve qu’on n’a pas assez de recul sur ce vaccin… J’ai clairement pris ma décision après le discours de Macron” le 12 juillet rendant le pass sanitaire nécessaire pour la plupart des événements culturels et les bars ou restaurants, confie à l?AFP Chloé Nègre, juste après avoir reçu sa première dose.

“Maintenant que c’est fait, on verra bien. Mais au moins ça va me permettre de sortir et faire la fête comme je le souhaite. Je fais ça pour ma liberté!”, s’exclame la jeune femme de 24 ans.

“Les jeunes arrivent parfois un peu stressés, mais c’est souvent par peur de l’aiguille. Et vous voyez, ils ressortent avec le sourire, et non pas avec des cheveux verts ou des ailes dans le dos”, s’amuse Mme Wadih.

Dans le centre de vaccination de Perpignan le 18 juillet 2021 AFP / RAYMOND ROIG.

En une semaine, le taux de vaccination dans le département a augmenté de 8%, selon l’ARS.

“Indispensable”

Les manifestations contre la vaccination obligatoire “et les bêtises qui s’y disent me fendent le c?ur”, dit la coordinatrice du vaccinodrome. “On a la chance de vivre dans un pays qui a des vaccins, gratuits, pour tout le monde, et les gens racontent n’importe quoi”, se désole-t-elle.

Du haut de ses 83 ans, André Carbonnier approuve. “Il faudrait que tout le monde y passe sinon on ne va jamais s’en sortir”, insiste l’octogénaire aux yeux bleus.

En robe d’été, Myrtille Zilliex, une lycéenne de 17 ans, est venue avec sa grand-mère. “J’ai pris la décision seule. On a été en distanciel au lycée la moitié de l’année, maintenant j’attends juste que tout ça se termine”, raconte la jeune femme venue de Rennes et ravie de pouvoir passer des vacances chez ses grands-parents.

Des personnes attendent pour faire un test de dépistage du coronavirus le 18 juillet 2021 devant les arènes de Céret AFP / RAYMOND ROIG.

Plus au sud, dans le village pyrénéen de Céret, nombreux sont les habitants et vacanciers venus d’Espagne assister dimanche à une corrida. Devant les arènes, un barnum de dépistage éphémère a été installé.

Dans les Pyrénées-Orientales particulièrement, c’est indispensable de mettre en place ce type de dispositif. C’est le seul moyen pour éviter un cluster dans les arènes ou d’autres endroits“, affirme Benjamin Baillot, pharmacien et membre d’une association d’aficionados de corridas. Depuis samedi, il enchaîne la réalisation de plusieurs dizaines de tests antigéniques.

Des dispositifs similaires seront mis en place toute la semaine sur des aires d’autoroute, des marchés ou à l’entrée de festivals du département.

Test de dépistage du coronavirus le 18 juillet 2021 devant les arènes de Céret AFP / RAYMOND ROIG.

“Dans les Pyrénées-Orientales, 22.026 tests ont été réalisés la semaine dernière, contre 13.458 la semaine précédente, soit une augmentation de 63% et trois fois plus de cas positifs”, selon les derniers chiffres de l’ARS samedi. Le variant delta représente désormais 88% des cas dans le département.

New Report

Close

Log in with your credentials

or    

Forgot your details?

Create Account