Quelles étaient les ambitions de Napoléon en matière d’éducation ?

Quand il arrive au pouvoir (en 1799), il y a des écoles primaires, des pensionnats, et le directoire a relancé un enseignement secondaire sous la forme d’écoles centrales. Napoléon estime que l’enseignement qui y est donné est incomplet, il souhaite revenir à un enseignement plus rigide, avec des internats et une discipline plus forte. En 1802, il créé 45 lycées, où l’on enseigne les humanités aux côtés des sciences. Objectif de ces lycées: former les élites de la Nation. A la sortie, les élèves vont soit trouver directement un emploi soit poursuivre dans des écoles spéciales (en médecine, droit, pharmacie ou dans une école militaire). Ces écoles spéciales seront transformées en facultés en 1808.

Cette même année, Napoléon rétablit le baccalauréat, qui existait sous l’ancien régime. Premier diplôme universitaire, il permet l’accès à l’enseignement supérieur.

L’éducation primaire, rendue gratuite et obligatoire par la Convention, est, elle, laissée aux communes. L’Etat s’en désintéresse. Napoléon n’a pas pour ambition de former le peuple mais bien les cadres de la Nation. En effet, à partir du consulat, il a mis en place toute une série de réformes (administrative, judiciaire…) et il a besoin de juristes, de futurs préfets ou de militaires.

La création des lycées va permettre une mainmise sur l’enseignement secondaire: les programmes y sont décidés par l’Etat, le personnel y est contrôlé par l’Etat.

L’autre vocation des lycées est de pouvoir concurrencer les écoles privées qui ont été développées essentiellement par le clergé.

A quoi ressemblaient les lycées sous Napoléon ?

Dans les lycées de l’époque, qui sont ouverts exclusivement aux garçons, on porte un uniforme. Le rythme y est militaire: on fait l’appel au son du tambour. On y dispense un enseignement classique, fondé sur les humanités, comme l’histoire et la littérature. Mais les sciences y sont aussi enseignées. Impossible d’y aller si on ne connaît pas le latin. On peut y entrer vers 11-12 ans et on y reste six à sept ans.

Les études y sont payantes: 400 à 500 francs par an, soit pratiquement le salaire annuel d’un ouvrier. C’est un enseignement réservé aux notables mais les plus méritants des enfants d’officiers ou de fonctionnaires peuvent bénéficier d’une bourse.

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Leur structure même a été conservée. Par exemple, à Paris, le lycée Bonaparte est devenu Henri IV, le lycée Napoléon a pris le nom de Louis-le-Grand, le lycée Charlemagne n’a pas changé de nom et le lycée impérial Bonaparte a été rebaptisé Condorcet.

Des dénominations de l’époque sont restées comme le nom de proviseur, ou celui de censeur. De même les académies, créées en 1808 avec à leur tête un recteur, sont un héritage direct de l’époque.

Pour le reste, les lycées ont beaucoup évolué, ne serait-ce que par leurs effectifs. A l’époque, ils ne scolarisaient que 12.000 élèves maximum par an. Et à la fin de l’Empire, on comptait moins de 2.000 bacheliers chaque année.

Ce qui est resté également, c’est l’idée que l’Etat a un rôle particulier à jouer dans notre pays en matière d’éducation.

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