Pourtant lorsque Chloé Chaudet a commencé à contacter des éditeurs, certains lui ont opposé un refus, estimant qu’un tel livre ne susciterait que peu l’intérêt des lecteurs. “Peut-être s’appuyaient-ils sur un chiffre: on estime à 4,5% le nombre de femmes de 18 à 79 ans qui ne veulent pas être mères. Mais mon essai ne s’adresse pas qu’à elles; il s’adresse aussi aux hommes, à celles qui ont des enfants ou qui l’envisagent. Il a vocation à ouvrir le dialogue. D’ailleurs, les éditions Iconoclastes l’ont compris immédiatement et m’ont donné carte blanche.”

L’autrice dévoile un peu plus ce qui l’a poussé à s’atteler à la rédaction. Tout est parti d’une rencontre fortuite. “J’assistais à un stage de tennis et une femme de mon âge, que je ne connaissais pas deux heures avant, m’a demandé pourquoi je n’avais pas d’enfant. Et finalement, je n’ai pas su que répondre. Car finalement, les gens ne s’accommodent pas d’un simple “je n’en ai pas envie”, d’autant que cette réponse peut leur sembler agressive; ce qui est contre-productif.”.

Chloé Chaudet a repéré certains mécanismes; des questions qui reviennent régulièrement, souvent très personnelles, même lorsqu’elles émanent d’inconnus comme cette personne au tennis. Elle entrevoit souvent des peurs que projettent sur elle ses interlocuteurs: “La peur de finir toute seule, la peur de regretter un jour… Finalement, cela peut semble assez intrusif mais ce n’est pas ainsi que je l’envisage. Je pense qu’il y a une part d’empathie, surtout lorsque cela vient de mes proches. C’est un peu comme s’ils s’inquiétaient pour moi”.

Engager la discussion

L’autrice prend les choses avec beaucoup de recul. L’exercice ne semble pourtant pas évident car lorsqu’on se met à sa place, on imagine comment ces “interrogatoires” peuvent être déstabilisants ou agaçants.

En tant que lecteur, on se retrouve dans une position paradoxale: on a envie de comprendre son point de vue (c’est assez facile car il très bien expliqué, avec force exemples et références y compris tirés de la littérature et de l’histoire récente); pour autant on a presque envie de lui dire “vous ne voulez pas d’enfants, ok, ça ne regarde que vous”.

“Certes, c’est le cas dans l’absolu, ça ne regarde que moi, mais toutes ces conversations que j’ai eues montrent que ce n’est pas le cas. Le regard de la société est encore pesant sur les femmes qui ne souhaitent pas devenir mère. Nous sommes presque dans une forme d’“anormalité”. En rédigeant cet essai, j’ai l’impression d’aider les jeunes femmes que je côtoie en tant qu’universitaire à expliquer leur choix. J’ai eu beaucoup de retours positifs. Ce qui me réjouit, c’est que cet ouvrage permet d’engager la discussion. Certaines de mes amies qui apparaissent dans ces pages ont elles aussi apprécié, elles m’ont dit que cela leur avait permis aussi de prendre conscience des tenants et aboutissants de cette thématique, et de ce que je vis. 

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