Il s’est retrouvé pour la première fois de sa vie devant le tribunal correctionnel. C’est un chauffeur-livreur de 22 ans, résidant à Menton.

À la barre, le jeune homme, ouvertement et sans hésitation, a retracé et reconnu les faits du 7 décembre dernier.

“J’étais peut-être moins méfiant…”

Ce jour-là, vers 14h40, il était bien au volant de son fourgon à l’embranchement des avenues de la Costa et d’Ostende.

Occupé à regarder plutôt à gauche afin de s’engager librement pour rejoindre une plateforme sur le port Hercule, il ne voyait pas une passante à droite qui traversait sur la ligne blanche du stop.

“C’est pourtant un trajet que je fais souvent… Ce chemin je le connais presque par cœur, a précisé le prévenu au président Jérôme Fougeras Lavergnolle. En vérité, je n’ai pas du tout aperçu cette dame qui traversait. J’étais peut-être moins méfiant parce qu’il n’y a pas de passage protégé à cet endroit. J’ai toutefois observé un arrêt avec mon véhicule et j’ai tout de suite porté assistance à la victime.”

Le magistrat le reprend: “Vous n’avez pas été assez attentionné pour observer qu’une personne se présentait sur votre droite, même s’il n’y avait pas les bandes blanches pour sécuriser son intention de franchir la chaussée. En la renversant avec votre véhicule, la plaignante, transportée au CHPG, a eu quarante-cinq jours d’ITT avec des entorses et fractures.”

Le récit du Mentonnais est cependant loin de convaincre le premier substitut Julien Pronier. Un détail lui laisse à penser à une description arrangée de la scène par le prévenu, afin de minimiser sa faute qui résulte d’une infraction à la loi pénale.

Sa responsabilité “est évidente”

“On a tout de même du mal à comprendre. Monsieur s’arrête au stop. Il regarde sur la gauche avant de s’engager et juste à ce moment une personne traverse sur la ligne blanche et il la percute. Ce n’est pas la réalité visionnée sur les images de vidéosurveillance. En fait, sa responsabilité dans l’accident est évidente. Vous prononcerez une peine d’amende de 500 euros ferme.”

Évidemment, l’analyse de la défense diffère. Déjà en faisant référence au Code de la route, Me Erika Bernardi a soutenu que les piétons “doivent traverser sur les passages protégés et non sur une bande blanche pour matérialiser un stop. Certes, mon client aurait dû pencher un peu plus la tête. C’est un garçon sérieux. Il a entouré de toute son affection la victime. Son erreur, un peu partagée par la plaignante, ne doit pas avoir de conséquences négatives sur son emploi actuel en CDD.”

Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public, mais avec sursis.

New Report

Close

Log in with your credentials

or    

Forgot your details?

Create Account