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“Le temps moyen pour cette marche est de 40 jours. Je m’étais défié de la faire en 20 jours, mais mon anniversaire tombait ce dimanche, et je ne voulais pas le passer seul dans la montagne. Je l’ai donc bouclé en 13 jours, cinq heures et 45 minutes”, détaille Nicolas Busca. Un exploit qui fait suite à huit mois de préparation… et une motivation certaine.

L’envie de s’engager

Nicolas Busca est chef d’entreprise dans le domaine du transport, à Briançon, dans les Hautes-Alpes. L’an dernier, sa sœur a contracté une leucémie.

“On est tous confronté à des proches qui souffrent du cancer. Pendant le confinement, comme beaucoup, j’ai eu une période de remise en question, et ça a été le cancer, car c’est ce que j’avais sous les yeux”, se remémore-t-il.

Il se rapproche alors de l’Institut Paoli-Calmettes, le centre de traitement du cancer de Marseille, qui lance une cagnotte. En tout, Nicolas Busca a récolté 7.000 euros.

“C’est une petite goutte d’eau dans la mer, mais chaque initiative permet de créer quelque chose. Ne serait-ce que de sensibiliser à la cause”, ajoute-t-il.

Du point le plus haut, au niveau zéro

Et pour ce faire, chacun sa technique. Ancien pompier professionnel, Nicolas Busca a toujours baigné dans l’univers du sport. Début septembre, il a donc décidé de partir du point le plus haut d’Europe – le mont Blanc (4.809mètres d’altitude) pour rejoindre l’altitude zéro, la mer de Nice, en totale autonomie. Une fois le pied posé sur la terre de Haute-Savoie, il a suivi le GR 5 – aussi appelé la grande traversée des Alpes – pour rejoindre le littoral azuréen. Arrivant, samedi, sur la promenade des Anglais.

“Personne n’a encore fait ce trajet, je pose là un temps de référence”, souligne-t-il.

De la sensibilisation

Tous les soirs, Nicolas Busca a pris le temps de faire des directs sur Facebook. Il y raconte ses journées, aborde des thèmes comme le cancer, l’écologie, l’alimentation, etc.

“Des gens m’ont même dit que ça remplaçait Koh-Lanta, chez eux. Ils étaient déçus quand je n’avais pas assez de réseau pour me connecter”, rigole-t-il.

Ravi de cette expérience, il songe déjà à un nouveau défi sportif, qui partirait de Nice cette fois.

Sa rencontre insolite avec un berger en Haute-Savoie

Pendant ces 470 kilomètres, avec plus de 30 000 mètres de dénivelé positif, Nicolas Busca dit avoir gagné en humilité. “Pendant un orage, seul dans les montagnes, on se rend compte qu’on n’est rien”, se souvient-il.

Parmi les rencontres qui l’ont marqué, il raconte celle d’un berger de 80 ans : “J’étais un peu perdu en Haute-Savoie. Je vois un berger qui surveille ses vaches dans un alpage et j’en profite pour lui demander mon chemin. Il me dit, avec son accent, qu’il va m’aider à le retrouver mais qu’il aimerait me demander un service. Il avait perdu une vache et me tend ses jumelles pour que j’essaie de l’apercevoir. Je regarde dans la direction indiquée et je ne vois rien.”

“Au bout d’une vingtaine de secondes, je lui rends ses jumelles en lui disant que – ‘désolé’ – mais je ne vois rien. Il part alors dans un éclat de rire et me répond : ‘je t’ai bien eu. Il ne peut pas y avoir de vaches là-bas, il y a trop de parois rocheuses’. Ça m’a marqué, cette simplicité à rire de tout. Ça m’a aidé à relativiser certains aspects de ma vie et ça m’a bien fait rire aussi”.

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