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Alors que le retrait chaotique d’Afghanistan par l’armée américaine a relancé la réflexion sur l’autonomie militaire des Vingt-Sept, “c’est d’une Union européenne de la défense dont nous avons besoin”, a martelé Ursula von der Leyen devant les eurodéputés réunis à Strasbourg.

“Le moment est venu pour l’UE de passer à la vitesse supérieure” pour se “défendre contre les cyber-attaques, agir là où l’Otan et l’ONU ne sont pas présents et gérer les crises à temps”, a plaidé la cheffe de l’exécutif européen, à l’occasion de son second discours annuel sur l’état de l’Union.

Un sommet y sera consacré sous présidence française de l’UE au premier semestre 2022, a-t-elle annoncé, alors que le projet de création d’une force européenne de réaction rapide de 5.000 militaires, en discussion depuis plusieurs mois, est loin de faire l’unanimité.

“Vous pouvez disposer des forces les plus avancées du monde, mais si vous n’êtes jamais prêts à les utiliser, à quoi servent-elles?”, a lancé Ursula von der Leyen, dénonçant un “manque de volonté politique”.

Pour soutenir les Afghans, elle a promis une aide humanitaire supplémentaire de 100 millions d’euros. L’UE avait déjà quadruplé cette aide pour 2021, à plus de 200 millions d’euros.

Dans l’hémicycle du Parlement européen, elle a défendu vigoureusement sa gestion de la pandémie de Covid-19, tout en appelant à accélérer encore les vaccinations dans l’UE et dans le monde pour tourner la page.

“Souveraineté”

Alors que “moins de 1% des doses de vaccins ont été administrées dans les pays pauvres”, l’UE leur offrira 200 millions de doses supplémentaires d’ici mi-2022, s’ajoutant aux 250 millions déjà promises.

Bruxelles veut également muscler ses outils pour mieux affronter de futures crises sanitaires en engageant d’ici 2027 un investissement européen de 50 milliards d’euros.

Surtout, la Commission entend profiter du colossal plan de relance qu’elle pilote pour construire une économie européenne plus verte et plus numérique, tout en confortant l’autonomie industrielle du continent.

Ursula von der Leyen a de nouveau appelé à doper la production européenne de semi-conducteurs, technologie cruciale pour laquelle l’UE reste dépendante de l’Asie. “C’est une question de souveraineté”, a-t-elle observé.

Bruxelles veut s’appuyer sur son ambitieux Pacte vert et les objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour concilier reprise économique et souci environnemental.

“L’Europe ne peut pas tout faire toute seule. De grandes puissances économiques, États-Unis ou Japon, se sont fixé des objectifs de neutralité climatique pour 2050 ou peu après”, à l’instar de l’UE, mais “ces objectifs doivent être soutenus par des plans concrets” d’ici la COP26 de Glasgow en novembre, a néanmoins prévenu Ursula von der Leyen.

L’accord de Paris prévoyait que la communauté internationale apporte 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2025 pour financer “l’action climatique” des pays les plus vulnérables.

Mais si l’UE donne 25 milliards de dollars annuels, “le trou béant laissé par d’autres met l’objectif mondial hors de portée”, a-t-elle lancé, promettant de renforcer la contribution européenne de 4 milliards par an jusqu’en 2027.

Prudence sur la rigueur budgétaire

La cheffe de l’exécutif européen a également mis en avant son souci de justice sociale, de soutien à la jeunesse -notamment via un nouveau programme d’échanges transfrontaliers-, et aux femmes, avec l’annonce d’une proposition de loi pour lutter contre les violences faites aux femmes.

“Nous devons réfléchir à la manière dont la crise a changé la face de notre économie, du creusement de la dette aux répercussions inégales sur les différents secteurs, en passant par les nouveaux modes de travail”, a-t-elle aussi observé, annonçant le lancement d’un débat dans les prochaines semaines sur la “gouvernance économique”.

Face à une reprise encore précaire, l’UE “ne répétera pas l’erreur” commise après la dernière crise financière quand un retour précipité à la rigueur budgétaire avait provoqué une rechute du continent dans la récession, a-t-elle promis.

Alors que la Commission a engagé un bras de fer avec la Pologne et la Hongrie sur le respect de l’Etat de droit, qui pourrait conditionner les versements du plan de relance, Ursula von der Leyen a simplement noté “l’évolution préoccupante de certains Etats”, sans les nommer, précisant que “le dialogue ne suffit pas”.

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