Depuis un an maintenant, les jours de Paul Salmon se ressemblent. L’octogénaire se lève à l’aube, débarque à la Pagode Hông-Hiên de Fréjus, entreprend quelques rénovations. Il soulève des brouettes, arrache les mauvaises herbes, fait tourner une bétonneuse.

Sous les coups de 19h30, il rentre chez lui, s’affaire à la partie administrative du site. Aux alentours d’une heure du matin, il s’endort enfin. Et le lendemain: rebelote. Le dimanche, une dizaine de bénévoles lui viennent en aide.

“Complètement délabrés, saccagés”

“À la suite des évènements passés (lire par ailleurs), nous avons récupéré les lieux complètement délabrés, saccagés. Avec les bénévoles de l’association, nous avons entrepris une remise en état extérieure et intérieure.” Pour autant, les membres du centre bouddhique franco-vietnamien ne voient toujours pas le bout du tunnel.

Ils ont déjà ramassé des déchets équivalents à une trentaine de bennes à ordures, changé le portail et la clôture, repeint la façade du lieu de culte, renouvelé les moquettes de ce dernier, rénové le tambour “complètement en ruine”…

Mais il reste à enlever le portique d’entrée, “qui risque de tomber sur la tête de quelqu’un à tout moment”, à décaper la centaine de statues “repeintes en blanc alors qu’elles étaient toutes colorées, à jeter certaines d’entre elles qui ont eu le visage arraché à la disqueuse”, ou encore à poursuivre l’entretien des 6.200 mètres carrés de terrain.

Pas d’activités le temps de rénover

Pour l’instant, selon Paul Salmon, près de 25.000 euros ont servi aux rénovations. Le tout, à la charge de l’association. “On ne peut pas refaire à l’identique. On s’occupe donc des priorités.”

Résultat, les activités de la Pagode ont été laissées sur le bas-côté. Seuls demeurent les cours de méditation et de yoga, organisés le dimanche à 17 30 – sur inscription préalable – et les quatre journées festives annuelles. “Nous n’avons pas les moyens de refaire des repas, de la gymnastique chinoise, de la danse du dragon, des prières religieuses, du Taï-chi… Rien n’est fini”, lâche le responsable de l’ABFV, désemparé.

Paul Salmon, épuisé, s’inquiète de l’avenir du site. “Je suis la dernière mémoire vivante, justifie-t-il, triste. J’espère que nos enfants nous succéderont.” Et que la Pagode bouddhique Hông-Hiên demeurera à jamais la plus vieille et la plus grande de l’Hexagone.

Il est possible de visiter le site, situé au 726 avenue du Général d’armée Jean-Calliès. L’entrée coûte 3 euros. Plus de renseignements au 09.77.45.02.11. 

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