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Craignez-vous une grave pollution ?

“Les déchets sont partout. C’est une catastrophe ! D’habitude, avant les intempéries, par prévention, on nettoie les +avaloirs+ (les bouches d’égout, ndlr). Mais là, avec la crise des poubelles, c’est peine perdue. Un fort Mistral est attendu et va maintenant pousser sur les plages ces déchets qui sont en train de descendre vers la mer, sous l’effet des pluies torrentielles qui agissent comme une chasse d’eau en lessivant les bassins versants. Demain, après-demain, ces déchets flottants vont être poussés par le vent d’Est, vers les plages du Frioul par exemple. Il est indispensable de venir ramasser les déchets sur les plages mardi ou mercredi. Mais souvent, en dehors des périodes estivales, les nettoyages des plages ne sont pas prévus. Pourtant il faudrait agir avant que les déchets ne soient éparpillés dans la mer au premier coup de vent”.

Comment en est-on arrivé là ?

“A Marseille comme dans d’autres grandes villes du bord de la Méditerranée, les réseaux pluviaux ne sont pas raccordés aux stations d’épuration, sauf dans l’hyper-centre, où il y a +un déversoir d’orages+ qui stocke les eaux de pluie avant qu’elles soient traitées par la station d’épuration. Mais cela ne représente que 20% du territoire marseillais. A l’extérieur de cette zone restreinte, les déchets partent donc directement à la mer. Les seuls traitements sont effectués par des +dégrilleurs+, mais plus le débit d’eau est important, moins les barreaux des grilles sont resserrés. La priorité est en effet de laisser passer l’eau pour éviter les inondations. Et quand il pleut comme ça, ils sont obligés de tout laisser partir !

Les collectivités n’ont pas de réponse adaptée à l’urgence environnementale. C’est insupportable au XXIe siècle que dans un pays du G7 on soit incapable de canaliser nos déchets. Il y a aussi un problème d’éducation, de sensibilisation: beaucoup d’habitants n’en ont rien à faire et sont très éloignés des priorités environnementales, car ils ont d’autres soucis. A Marseille la population pense à manger, mais elle n’est pas forcément au courant que ses déchets se déversent dans la mer”.

Quelles sont les conséquences environnementales prévisibles ?

“Les déchets qui sortent du traitement conventionnel, comme les décharges sauvages ou les mégots de cigarettes et les emballages jetés sur la chaussée, sont transportés facilement par les fleuves côtiers puis descendent vers la mer. Or, sous l’eau, à l’abri de la lumière, il n’y a pas de date de péremption du plastique. Cette matière n’est pas biodégradable, le plastique est fabriqué pour être imputrescible, seuls les rayons du soleil peuvent casser en morceaux les liaisons d’hydrogène et de carbone qui le composent. Tous les objets, les micro-particules, les plastiques qui pénètrent dans le milieu marin contribuent donc à en augmenter l’acidité, à éroder la biodiversité, et à aggraver la situation dans laquelle nous nous trouvons. Or les milieux marins jouent un rôle très important dans la régulation du climat”.

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