Déjà un air de campagne présidentielle pour Bruno Retailleau. Crise sanitaire oblige, c’est en visioconférence que le patron du groupe Les Républicains au Sénat sillonne l’Hexagone pour prendre le pouls d’une France dont le cœur continue à pencher à droite, indifférente aux appels du pied d’Emmanuel Macron. Il est de passage (virtuel) sur la Côte d’Azur ce mercredi.

Pourquoi entreprendre ce tour de France ?

J’avais commencé un tour de France physique, car rien ne remplace le contact avec les militants et les sympathisants. Il a été interrompu par la crise sanitaire. Pour ne pas m’avouer vaincu par le virus, j’ai décidé de le transformer en réunions en visio. Un format très différent qui présente un avantage : derrière leur écran, les gens hésitent moins à poser des questions. Et je vois bien, au fil des visios, que nous vivons avec une rupture profonde.

De quelle manière cette rupture se traduit-elle ?

Le moment que nous vivons n’est pas seulement un révélateur, mais aussi un accélérateur de déclin. Pendant cette crise, beaucoup de gens constatent que la France dégringole. Pas de masques, une campagne vaccinale poussive : quand on se compare à d’autres pays du monde, nous voyons que nous sommes très loin derrière le Maroc ou le Chili… Il y a un accélérateur de déclin et de désordre qui a infligé une blessure à la fierté française.

Quel type de désordre ?

Jamais nous n’avons constaté autant de violence. Celle-ci fait tache d’huile dans le milieu rural. Elle se cache aussi derrière un islam politique radical. On a besoin d’une nouvelle perspective, d’une nouvelle espérance française.

La France a besoin des idées de la droite.

Or ces idées ont du mal à émerger et la droite peine à exister dans l’ombre d’Emmanuel Macron…

Ma certitude, c’est que le bilan d’Emmanuel Macron sera médiocre. S’allier avec lui, ce serait ouvrir grand les portes du pouvoir à Marine Le Pen. Si je suis engagé sur la perspective de 2022, c’est que je suis convaincu que la France n’a pas besoin d’une droite à l’eau tiède. Si on veut relever la France, on ne peut plus faire de demi-mesure sur la justice, l’immigration, l’école ou le travail. Sur tous ces points, il faudra assumer des ruptures profondes. La droite doit sortir de la politique du pansement d’Emmanuel Macron.

La droite a besoin d’un projet, mais aussi d’une incarnation. Avec qui ?

Si un candidat naturel émerge au second tour dans les sondages, il n’y aura pas besoin de primaire. Si ce n’est pas le cas, il en faudra. On ne peut pas faire du premier tour de la présidentielle une primaire. Ce sera l’élimination à coup sûr. Et sans primaire, il n’y aura pas de débats sur le projet.

Les régionales et les départementales auront-elles lieu en juin ?

Si ces élections devaient être repoussées, la France serait le grand seul pays à confiner la démocratie. Ce serait le signe d’une dérive autocratique du pouvoir.

Certains candidats LR peuvent être tentés de se rapprocher de LREM…

À quelques mois de la présidentielle, des alliances avec En Marche nous seraient fatales. Aux municipales, LREM a fait moins de 3 %, et les alliances qui ont été nouées ont rarement été gagnantes. Emmanuel Macron a tout dit et son contraire. Or les Français veulent de la clarté.

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