Michaël avait 36 ans quand il a découvert le vrai visage de celle avec qui il partageait sa vie, depuis treize ans pourtant.

C’était il y a un an exactement. La vérité a éclaté en même temps qu’elle choisissait de se donner la mort, à Cannes, où le couple vivait. Sans laisser d’explication. Elle allait avoir 52 ans.

Mais, passée la macabre découverte, ce Sanaryen d’origine, chauffeur poids lourd et terrassier, travaillant dur, souvent absent et déléguant en toute confiance la gestion du foyer à sa compagne sans emploi, allait vite devoir affronter une vérité lourde de conséquences. Financières notamment.

“Elle a embobiné ma banquière”

Car celle qu’il avait choisi d’épouser quelques mois auparavant, après des années de concubinage, aurait été en réalité une terrible manipulatrice.

Plusieurs organismes de crédits à la consommation et une banque demandent aujourd’hui à Michaël de rembourser près de 40.000 euros au total.

“Mais je n’ai jamais rien signé, clame-t-il. C’est elle qui a usurpé mon identité et imité ma signature, beaucoup, beaucoup de fois. J’ai les preuves.”

“Tout a commencé quand elle a réussi à transformer mon compte courant en compte joint, derrière mon dos. Elle a embobiné ma banquière, sans que je ne donne mon accord. Tout s’est fait par mails. À partir de là, elle a pu contracter tous ces crédits facilement, à mon nom.”

Désormais pressé par des créanciers sourds à ses explications et le menaçant de poursuites judiciaires, Michaël a pris un avocat.

Même si l’affaire a de sérieux airs du pot de terre contre le pot de fer, ce dernier veut prouver la bonne foi de son client et dénoncer les manquements des divers organismes prêteurs dans leurs obligations de vérification.

La vérité cachée sous le lit conjugal

Mais l’aspect financier ne serait qu’une part de la vie de mystère de la défunte. “Après sa mort, je suis tombé de très haut.” 

Une partie des révélations se trouvait soigneusement dissimulée sous le lit conjugal. Des tonnes de paperasse concernant les crédits indûment contractés, une dizaine de cartes de crédit et des dossiers d’admission dans des cliniques qui pratiquent la chirurgie esthétique…

“Elle m’a aussi fait croire qu’elle avait eu huit cancers, mais le rapport d’autopsie a révélé que c’était complètement faux! Par contre, on a retrouvé des traces d’anti-dépresseurs et d’anxiolytiques.” 

Faux, aussi, le fait que ses parents étaient morts: “Elle l’avait pourtant déclaré sur notre acte de mariage!” 

Et elle n’avait pas un enfant, comme le pensait Michaël – elle lui avait d’ailleurs fait croire qu’il était décédé -, mais trois.

“J’ai découvert tout ça après sa mort, après treize ans de vie commune, vous imaginez! Les pompes funèbres n’avaient jamais vu ça: il a fallu trois semaines pour avoir un acte de décès conforme!”

Le temps que les policiers mènent l’enquête et confirment l’existence de sa famille. Tout comme ils ont pu exhumer un casier judiciaire chargé de condamnations passées, dont Michaël n’avait évidemment pas eu connaissance, pour des escroqueries similaires.

Il a également mis la main sur un bouquin appartenant à son épouse relatant les “exploits” des plus grands bandits de la Côte d’Azur, avec de nombreux passages surlignés…

“J’étais sur le point de tout découvrir”

Une autre découverte, enfin, a dû lui faire particulièrement froid dans le dos: un papier d’assurance indiquant la somme que percevrait le conjoint survivant en cas de décès de l’un d’eux.

“Je ne sais pas si elle voulait ma mort ou si elle savait qu’elle allait se suicider. J’ai tendance à croire qu’elle savait que j’étais sur le point de tout découvrir. Il y avait trop de dettes. Et c’est pour ça qu’elle l’a fait, je pense…”

Michaël aspire à tourner la page de cette longue période de mensonges, psychologiquement éprouvante. Il vit aujourd’hui à Saint-Cyr, où il tente de se reconstruire une vie, normale.

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