Les tractations ont eu lieu ces derniers jours et les candidats encore en lice pour le second tour des élections régionales font campagne pour tenter de remobiliser les électeurs qui ont massivement tourné le dos au scrutin de dimanche 20 juin. 

Dans la quasi-totalité des régions, les dés ont été lancés et les jeux sont faits. Fusions, retraits, alliances… Les listes doivent être déposées en préfecture, ce mardi 22 juin à 18h, dernier carat. Voici à quoi devrait ressembler ce second tour des régionales, en France. 

En Provence-Alpes-Côte d’Azur

Ce sera donc un duel LR/RN dans la région. Sous la pression et après de longues heures de maintien, Jean-Laurent Felizia a finalement décidé de retirer sa liste et apporté son soutien à Renaud Muselier. La triangulaire attendue est devenue un duel. 

Thierry Mariani (36,38% au premier tour), et le sortant LR Renaud Muselier (31,91%). L’écologiste Jean-Laurent Félizia (EELV/PS/PCF) qui avait recueilli 16,89%, a fini par renoncer sous une forte pression d’EELV et du PS. 

“Je n’avais pas le droit de jouer avec le feu” face au RN, a expliqué M. Félizia, lors d’une conférence de presse à son QG de campagne marseillais, pour justifier son revirement. Dimanche, “je voterai (Renaud) Muselier pour battre Thierry Mariani et sa triste cohorte”, a-t-il insisté, refusant de “laisser Marine Le Pen”, la présidente du parti d’extrême droite, “faire de Paca le marchepied de ses funestes ambitions” présidentielles.

Assurant ne pas avoir cédé “à la pression” mais “au souci de l’intérêt général”, l’élu écologiste estimait encore dans la matinée que “le sursaut républicain (valait) mieux qu’un front républicain qui efface les écologistes et la gauche”. De son côté, Renaud Muselier a promis que s’il l’emportait, les électeurs de gauche seraient entendus et que la gauche de PACA pourrait “déposer des motions” et s’exprimer dans l’hémicycle du conseil.

“On va mettre en place un dispositif qui fera en sorte que ceux qui se sont présentés puissent s’exprimer dans l’hémicycle, je m’y engage“, a assuré mardi sur LCI Renaud Muselier. Il a également annoncé la création d’un “observatoire” de son “plan environnemental” qu’il confierait à “l’opposition avec un organisme fiable”.

En Occitanie 

Pas d’accord, en Occitanie. Aucun accord n’a été trouvé entre la liste menée par la présidente sortante PS, Carole Delga, arrivée en tête du 1er tour des régionales avec près de 40% des voix, et la liste de l’écologiste Antoine Maurice. “Nous n’avons pas trouvé une issue favorable. Nous ne nous sommes pas mis d’accord sur le nombre de conseillers qu’ils voulaient, ni sur le mode de fonctionnement”, a déclaré Mme Delga lors d’une conférence de presse. “C’est définitif”, a-t-elle insisté. 

L’écologiste Antoine Maurice (EELV/Générations), candidat malheureux à la mairie de Toulouse en 2020, était arrivé en 5ème position avec 8,3% des voix, sous le seuil fatidique des 10% requis pour participer au second tour. Il avait espéré dimanche soir trouver un “accord juste et équilibré” avec l’équipe de Mme Delga, grande favorite pour le second tour.

Dimanche prochain, Caroel Delga sera opposée à la liste RN de Jean-Paul Garraud (ex-député LR), qui avec 22,61% des voix, subit un revers de taille par rapport au score de l’extrême droite en 2015 (31,83%) et n’est en tête dans aucun des départements de la région. Et à la liste LR d’Aurélien Pradié, numéro trois des Républicains, arrivée troisième avec 12,19%.

En Auvergne-Rhône-Alpes

L’écologiste Fabienne Grébert, la socialiste Najat Vallaud-Belkacem et la communiste Cécile Cukierman ont annoncé lundi 21 juin, qu’elles feraient liste et programme communs pour tenter de déloger le président LR sortant d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Face au raz-de-marée Wauquiez, qui a obtenu 43,8% des voix au premier tour, les trois candidates de gauche “unies, fières et déterminées”, se voient en “alternative” pour échapper à un second mandat du chef de file LR, grand favori du second tour.

Au soir du premier tour, M. Wauquiez a largement distancé la candidate EELV (14,4%), arrivée devant le RN Andrea Kotarac (12,3%), la socialiste Najat Vallaud-Belkacem (11,4%) et la communiste Cécile Cukierman (5,5%). Le LREM Bruno Bonnell, non qualifié pour le second tour (9,87%), a annoncé qu’il ne fusionnerait avec aucune liste.

En Bourgogne Franche-Comté

Une fusion en vue. La présidente socialiste sortante de Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay et l’écologiste Stéphanie Modde ont annoncé la fusion de leurs listes pour le second tour de l’élection régionale, alors que LREM se maintient.

Marie-Guite Dufay, arrivée en tête avec 26,52% des suffrages avec sa liste PS-PCF-PRG, s’est félicitée d’avoir réussi à rassembler la gauche, estimant que “le rempart au RN est à gauche en Bourgogne-Franche-Comté, il n’est pas avec Denis Thuriot (LREM) avec 11%”. 

Dans la matinée ce lundi 21 juin, le candidat de la majorité présidentielle avait annoncé le maintien de sa liste au second tour, ouvrant la voie à une quadrangulaire avec également Julien Odoul (RN) et Gilles Platret (LR). Sa décision intervient après le “refus de la présidente sortante de constituer un arc politique républicain, préférant le sectarisme d’un accord rétréci avec les communistes et les verts”, a-t-il précisé, estimant que “ce choix exclura une grande partie des Bourguignons Francs-comtois”. “Nous rejetons bien évidemment les extrémistes des droites”, a également indiqué Denis Thuriot, qui remercie les électeurs “de leur confiance” et les appelle “tous à la plus forte mobilisation le 27 juin”.

En Île de France

L’union fait la gauche, en Île de France. Pour tenter de battre Valérie Pécresse (LR), arrivée en tête au premier tour et favorite au second, les trois listes de gauche en lice aux régionales en Ile-de-France ont décidé de fusionner autour de l’écologiste Julien Bayou qui a réalisé le meilleur score parmi elles au premier tour. 

Arrivés à la table des négociations au milieu de la nuit, dans la foulée de l’annonce tardive des résultats, les trois candidats ont conclu un accord de fusion. Dimanche 27 juin, sera donc l’occasion pour Julien Bayou de se présenter pour la première fois en meneur de troupes après avoir remporté, avec 12,95% des voix, une “primaire” serrée devant Audrey Pulvar (11,07%), soutenue par le PS, et Clémentine Autain (10,24%), candidate de LFI et du PCF.

Dans les Hauts-de-France 

Dans les Hauts-de-France, le président sortant ex-LR Xavier Bertrand s’est assuré au premier tour une confortable avance pour boucler sa reconduction et légitimer ses ambitions présidentielles, la gauche étant pour sa part en bonne voie pour revenir dans l’hémicycle. Quant à la liste LREM emmenée par  ‎Laurent Pietraszewski et dotée de quatre autres ministres, Darmanin, Dupond-Moretti, Alain Griset ou encore Agnès Pannier-Runacher, elle a été éliminée au premier tour. 

Celui qui s’était présenté comme le seul à pouvoir faire barrage au RN, les yeux rivés sur l’Elysée, a largement distancé son rival Sébastien Chenu, qui n’engrange que 24,38%, dans une région de 6 millions d’habitants, parmi les plus pauvres de France. 

Le lieutenant de Marine Le Pen, ex-UMP, qui se pose en seule force “d’alternance” dans la région a appelé à “combattre le système Bertrand-Macron”, et à une “mobilisation exceptionnelle” des électeurs RN, alors que l’abstention a grimpé à 67,15%, toujours selon des résultats partiels, contre 45,19% au premier tour en 2015. 

Mais ses chances de rattraper son retard apparaissent d’autant plus minimes que LREM – avec laquelle Xavier Bertrand avait d’emblée exclu toute alliance – a échoué à se qualifier, avec 9,13%. Sa tête de liste, le secrétaire d’Etat chargé des retraites Laurent Pietraszewski, a appelé à voter pour le président sortant. 

Dans le Grand-Est

Pas de fusion dans le Grand-Est … La liste écologiste d’Eliane Romani ayant annoncé lundi 21 juin, qu’elle ne fusionnerait pas avec celle d’Aurélie Filipetti (ex-PS), tandis qu’à droite, deux listes se maintiennent également.

Au soir même de ce scrutin marqué par une abstention de plus de 70% dans le Grand Est – inédite et record parmi les 13 régions métropolitaines-, la candidate écologiste, Eliane Romani, dont la liste est également portée par le PS et le PCF, avait pris immédiatement contact avec Aurélie Filipetti. L’ex-ministre de la Culture, soutenue par Générations et LFI, a enregistré un score de 8,64%, en dessous du seuil de 10% nécessaire pour se maintenir au second tour. Mais les divisions vont perdurer à gauche vont perdurer. 

A droite, la liste LR du président sortant Jean Rottner, arrivée largement en tête avec 31,15%, se retrouvera de nouveau en concurrence avec celle de la ministre déléguée à l’Insertion, Brigitte Klinkert, ex-LR soutenue par la majorité présidentielle, qui a obtenu seulement 10,77%. Dès dimanche soir, Jean Rottner avait rejeté l’idée d’une fusion des listes, Brigitte Klinkert choisissant de maintenir la sienne après une brève hésitation.

En Normandie

En Normandie, où le sortant Hervé Morin (Les Centristes) aborde le second tour des régionales en favori, les négociations pour réunir les liste PS-EELV et PCF-LFI ont échoué. Sébastien Jumel, tête de liste PCF-LFI a estimé que la “porte a été fermée par le PS”. Selon lui, la liste réunissant socialistes et écologistes a manqué de “volonté”.

La socialiste Mélanie Boulanger affirme de son côté, dans un communiqué avoir proposé à la liste de Sébastien Jumel d’intégrer sa liste “avec des conditions qui leur auraient permis, dans tous les cas, de compter davantage d’élus communistes au conseil régional”. Mais “cette proposition juste et respectueuse a été refusée, et nous le regrettons”, a-t-elle ajouté.

Au premier tour le sortant Hervé Morin (Les Centristes) est arrivé très largement en tête (36,6%) devant le RN Nicolas Bay (19,86%). Un vote marqué par une abstention de 67%.

La liste PS-EELV a enregistré 18,37% des voix, suivie de celle soutenue par LREM (11,07%), qualifiée pour le second tour, et de la liste PCF-LFI (9,64%). Alors qu’Hervé Morin aborde donc le deuxième tour en grand favori, Mélanie Boulanger annonce que sa liste sera “la seule” en mesure de “porter l’alternance en Normandie”.

En Centre-Val-de-

Pas de fusion LREM/Droite mais une fusion à gauche. Le candidat de la majorité présidentielle Marc Fesneau se maintiendra au second tour des élections régionales du Centre-Val de Loire après l’échec des négociations en vue d’un rapprochement avec la liste de Nicolas Forissier (LR-UDI), a annoncé lundi le ministre des Relations avec le Parlement.

Le second tour des élections régionales se dirige donc désormais vers une quadrangulaire en Centre-Val de Loire avec le candidat RN Aleksandar Nikolic (22,24%), la liste LR-UDI de Nicolas Forissier (18,82%) et donc, celle du candidat de la majorité présidentielle, Marc Fesneau.

Un peu plus tôt dans la journée, ce lundi, la gauche de la majorité régionale s’était rassemblée avec une fusion des listes PS-PCF (24,81%) et EELV-LFI (10,85%), portée par le président sortant François Bonneau (PS).

En Bretagne

C’est donc un second tour à cinq listes qui se profile dimanche 27 juin prochain, en Bretagne. Faute d’accord entre la liste du président sortant Loïg Chesnais-Girard (PS) et celle de l’ex-PS Thierry Burlot, soutenu par LREM, les deux listes ont annoncé qu’elles ne fusionneraient pas pour le second tour des régionales.

Le sortant Loïg Chesnais-Girard et l’ancien maire antipesticides de Langouët Daniel Cueff et sa liste apartisane “Bretagne ma vie” (6,52%) ont choisi lundi de fusionner leurs listes. Mais ce sera sans le rassemblement souhaité par Jean-Yves Le Drian, ancien président de la région, des listes de MM. Chesnais Girard et Burlot, deux ex-alliés PS devenus rivaux.

En Bretagne, le duel au premier tour des héritiers de l’ancien homme fort de la région Jean-Yves Le Drian a tourné à l’avantage du PS Loïg Chesnais-Girard (20,95%), arrivé largement devant Thierry Burlot, relégué en 3e position avec sa liste soutenue par LREM (15,53%) derrière la liste LR d’Isabelle Le Callennec (16,27%). “En l’absence de volonté d’union”, la liste de Claire Desmares-Poirrier (EELV), quatrième avec 14,84% dimanche, a aussi annoncé lundi qu’elle partirait seule au second tour. La liste RN est arrivée en cinquième position, avec 14,27%.

Dans les Pays de la Loire

La présidente sortante de la région Pays de la Loire Christelle Morançais (LR) est arrivée largement en tête du premier tour des régionales dimanche avec 34,29% des voix, suivie par le candidat écologiste Matthieu Orphelin (18,70%) et le socialiste Guillaume Garot (16,31%). 

A gauche, Matthieu Orphelin et Guillaume Garot ont officialisé dimanche soir leur alliance pour le second tour. L’addition de leur score du 1er tour, 35%, pourrait inquiéter la candidate LR.

Deux autres candidats ont annoncé qu’ils se maintiendront au deuxième tour : François de Rugy (LREM) qui se classe, avec 11,97% des suffrages, derrière le candidat du Rassemblement National, Hervé Juvin et ses 12,53%. Le second tour sera donc une quadrangulaire puisque Christelle Morançais a écarté toute alliance avec François de Rugy, affirmant: “ma liste du premier tour sera la même pour le deuxième tour”.

En Nouvelle-Aquitaine

Comme en Occitanie, en Nouvelle-Aquitaine, il n’y aura pas de fusion pour le second tour entre le PS et EELV. Alain Rousset, président sortant de la région et arrivé en tête ce dimanche 20 juin, l’a annoncé. “Aucun accord n’a pu être signé. Il n’y avait manifestement aucune volonté d’accord tant les exigences et le ton employé étaient incompatibles avec une possibilité de négociation”, a affirmé dans un communiqué Alain Rousset. 

L’équipe du candidat EELV a confirmé que les négociations étaient rompues. Ce dernier a d’ailleurs prévenu: “les Verts ne referont pas un mandat tel qu’ils l’ont réalisé”. “Si c’est pour refaire du saupoudrage écologique, le compte n’y sera pas”, a-t-il dit. 

La liste écologiste menée par Nicolas Thierry a remporté 12,07% des voix dimanche soir, doublant ainsi les 5,60% remportés en 2015. La liste d’Union de la gauche de M. Rousset a obtenu 28,65%. EELV faisait partie de l’exécutif sortant.

Île de la Réunion 

A La Réunion, le deuxième tour opposera une liste d’union de gauche conduite par Huguette Bello (divers gauche) à une liste d’union des droites et des centres menée par Didier Robert (dvd), le président sortant de la région. Arrivé en tête dimanche (31,10%), le président sortant Didier Robert a conduit dès le premier tour une liste d’union des droites et des centres.

La maire divers gauche de Saint-Paul (ouest de l’île) Huguette Bello, arrivée en deuxième position dimanche(20,74%), derrière Didier Robert, a déposé mardi une liste fusionnée avec celles de la maire PS de Saint-Denis, Ericka Bareigts, troisième dimanche soir (18,48%) et du divers gauche Patrick Lebreton (7,78%).

N’ayant pas atteint le barre des 5% des suffrages, le quatrième candidat de gauche, Olivier Hoarau (4,24%) n’a pas pu fusionner mais il a apporté son soutien au “camp progressiste”.

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