loader image

Le rendez-vous était pris sur le site exceptionnel du Château Saint-Martin sur les hauteurs de Vence. Un lieu bluffant, au calme, verdoyant. Dans quelques minutes, Martin Solveig va remonter sur scène. Une première depuis janvier 2020 et un set à Mexico. Anxieux? “Je ne me pose pas trop de questions d’un point de vue musical, ce que je fais n’a rien de technique, même quand on ne pratique pas pendant un certain temps. C’est plus le feeling avec le public que j’appréhende, l’échange, car je fais avant tout ce métier pour ça, pour voir les gens s’éclater”, poursuit Martin Solveig. Le DJ français de 44 ans ne vit que pour ça, ses platines, ses mélodies, ses sets, la foule qui bouge la tête dès les premières tonalités de sa musique électro qui, en trois décennies, a conquis la terre entière, de Madonna à Ibiza en passant par Roland-Garros et Vence où le festival des Nuits du Sud s’est élancé, ce vendredi soir. Une ouverture cinq étoiles pour celui qui vient de fêter les dix ans de son succès Hello et surtout pour un festival qui revient de loin après l’édition 2020 annulée en raison de la crise sanitaire.

Revenir avec Martin Solveig, ça a de la gueule. “Je suis ravi d’être là, j’invite les gens à y aller à fond et je mesure la chance de pouvoir être présent sur un spectacle en live en 2021″, poursuit-il.

Un homme de divertissement

D’autant que le DJ se produisait rarement en France. “90% de mes shows étaient à l’étranger”, embraye-t-il. Même s’il a vécu le confinement comme tout le monde – “Un moment de doute, d’attente, de difficultés” – cet homme sait quel est son dessein. “Je suis plutôt un homme de divertissement, on profite de notre savoir quand tout va bien alors il faut faire preuve de beaucoup d’humilité quand vous ne jouez plus. J’ai pris du temps pour lire durant cette période bizarre, j’ai notamment relu Dostoïevski”.

Pourtant Martin Solveig est un artiste mondial. Sur le CV, c’est cinq albums, des collaborations avec le gratin mais aussi une application pour accompagner la nuit des plus jeunes (lire encadré), bref, un touche-à-tout qui n’en pouvait plus de rester loin de la scène. “C’est la première fois depuis plus de vingt ans que je reste autant de temps sans me produire sur scène. Les Nuits du Sud, c’est quelque chose qui repart, c’est super d’être là.”

Tel un lion en cage, il a attendu le retour des concerts avec une immense impatience. Une forme d’appréhension avant de retrouver la foule? Pas du tout. L’artiste a toujours voulu se mesurer à la pression. Enfant, Martin voulait être plongeur sous-marin, lui, ce fan du Commandant Cousteau mais aussi de La Vie aquatique, le film de Wes Anderson avant que la musique ne le rattrape à l’âge de 13 ans.

Au milieu des années 1980, le DJing est un art rudimentaire, underground, amateur. Pourtant, Solveig a déjà cette envie d’interagir avec la musique. C’est à cette époque qu’il reçoit une platine pour Noël et s’envoie avec son voisin et meilleur ami sur des mix artisanaux. Les deux gamins commercialisent leurs sons pour ambiancer les fêtes du coin, anniversaires et soirées. Solveig découvre alors la house, ce mouvement qui s’apparente à une forme de disco un peu moderne. Embauché chez un disquaire très rapidement, il se fournit en vinyles sur place et fait des rencontres, notamment un certain David Guetta. Alors que ses mixtapes tournent sous le manteau, il finit par se retrouver derrière les platines au Palace, célèbre lieu nocturne de Paris. Martin Laurent Picandet devient alors Martin Solveig, il a 19 ans. Ça se décide autour d’un dîner familial alors que le jeune DJ amateur devait se produire sur Radio FG.

Un album en préparation

Une de ses sœurs raconte alors une histoire d’école dans laquelle une certaine Solveig est protagoniste. Le nom lui plaît, sa signification aussi, “chemin vers le soleil”, le mythe est né. Bachelier, il intègre l’école de commerce Leonard-de-Vinci en management et gestion pour se tracer une route professionnelle et garder la musique en hobby. Angoissé d’être un artiste raté, il veut s’assurer une porte de sortie professionnelle au cas où. Solveig mène à bien ses études et sort diplômé après un quinquennat scolaire où il mixera chaque week-end aux quatre coins de l’Europe avant d’étudier la semaine. Dans ce même laps de temps, il rencontre Bob Sinclar et la sainte trinité prend forme: Guetta-Sinclar-Solveig. Mais comme il faut bien se mettre en danger, Martin Solveig planche sur un nouvel album. “Mon dernier remonte à 2011, ça commence à dater, c’est un projet qui me tient à cœur. Mais je m’autocensure beaucoup. Pour une chanson que je sors, j’en laisse dix de côté. Alors produire un album de dix morceaux me demande du temps…” Star planétaire, Martin Solveig reste pourtant un homme humble. Simple. Sain. À Vence, hier soir, son retour sur scène a fait du bien à tout le monde. À lui. À nous. À la musique. À la vie. C’était presque comme avant.

New Report

Close

Log in with your credentials

or    

Forgot your details?

Create Account