loader image

“Il y a deux ans, jour pour jour, nous n’avions pas les mots pour faire un discours. Il y a deux ans, jour pour jour, Salomé devenait un numéro. C’est ici, à Cagnes-sur-Mer, que Salomé devenait violemment le numéro 100. La centième femme à se faire assassiner par son compagnon. Le centième féminicide en 2019.”

Au micro, Muriel Dotta. Elle est malheureusement bien placée pour en parler. Salomé, c’est sa fille. Elle a été assassinée dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2019 par son compagnon. Elle avait 21 ans.

Ce mardi, en fin d’après-midi, la maman de Salomé était debout, place De-Gaulle pour assister au vernissage d’une exposition sur les violences faites aux femmes. Un événement organisé par le service Jeunesse de la Ville. Des adolescents, des jeunes adultes marqués par ce drame.

“Nous appelons à l’action immédiate”

C’était il y a deux ans et la mort a créé une onde de choc dans la cité de Renoir. Le corps de la jeune Grassoise a été retrouvé, après avoir été roué de coups, sous des branchages et des détritus, à deux pas de la gare de Cagnes-sur-Mer. Une semaine plus tard, six cent cinquante personnes se sont rassemblées dans le centre-ville pour lui rendre hommage.

“Nous appelons à l’action immédiate. En l’honneur de Salomé et de toutes les femmes dont la vie a été volée parce qu’elles étaient femmes, nous nous battrons jusqu’au bout et continuerons de nous rassembler. Jusqu’au jour où il n’y aura plus de numéro un”, a appuyé, au micro, Muriel Dotta, hier en fin d’après-midi.

Face à elle sur la place De-Gaulle, une cinquantaine de personnes. Elles pensent, toutes, à Salomé.

Et elles ont toutes le regard tourné vers les 12 clichés qui s’exposent. Cette jeune fille statufiée, cette autre jeune femme enchaînée, cette mère rouée de coups. Le choc des photos, le poids des mots: “Je m’amuse, tu m’abuses”. “Ces messages ne sont pas stéréotypés, tout est fait pour que les gens réfléchissent. Et réfléchir, c’est agir”, a résumé Mathilde Oscar, la photographe.

Le projet Plus jamais ça, est à découvrir, jusqu’à la fin du mois. C’est ce projet que le service jeunesse de la commune, en partenariat avec le studio 25, a voulu mettre sur pied pour ce sinistre 31 août.

“Je suis très émue”

“C’est un super travail de la part de ces jeunes. Je suis très émue. Il faudrait que ces photographies puissent aller de communes en communes. Ça serait vraiment chouette”, a partagé, à chaud, Muriel Dotta.

La députée des Alpes-Maritimes et vice-présidente de la délégation aux droits des femmes et de l’Assemblée nationale, Laurence Trastour-Isnard a aussi formulé ce souhait. La prochaine étape de cette exposition? Saint-Paul-de-Vence, a laissé entendre l’élue.

New Report

Close

Log in with your credentials

or    

Forgot your details?

Create Account