Des nappes orientalisantes et robotiques sur Force et respect. Une mélodie acoustiquo-ondulante avec Va. Une énergie punk et eigthies dans Foutre le bordel. Un délire philosophiquo-country pour Disconnexion.

Le nouvel album de La Femme part dans tous les sens mais on le suit volontiers. Certains d’être embarqués au bon endroit.

Depuis le premier EP du groupe en 2010, en passant par son premier album Psycho Tropical Berlin, révélation de l’année aux Victoires de la musique en 2014, ou le deuxième, Mystère, il y a cinq ans, et les EP qui ont suivi, La Femme étoffe une french pop foutraque et bien ficelée.

Et Paradigmes, le troisième disque de cette formation mouvante, ne déroge pas à la règle.

Éventail de styles

Quinze titres et presque autant de style, mais une cohérence évidente

“La base, on ne voulait pas d’ambiance spéciale”, explique, à l’autre bout du fil, Marlon Magnée, l’un des fondateurs du groupe.

“On l’a fait spontanément, le seul truc qu’on s’est dit, c’est qu’il fallait que les morceaux soient variés. On voulait montrer un éventail de tout ce qu’on fait et de tout ce qu’on aime.”

Tout pour la musique

Marlon Magnée mêle sa curiosité à celle de Sacha Got, l’autre auteur-compositeur derrière ce drôle de patronyme.

Pour que la seule star, ce soit la musique: “Le concept, c’est La Femme, ce n’est pas une personne en particulier, c’est un nom, un esprit, une idée. C’est un mystère! C’est la réponse que l’on donne aussi, quand on nous demande pourquoi ce nom. C’est un mystère, car la femme est un mystère!”

Pour cette raison aussi, les voix se confondent. Masculines, féminines, et changeantes au fil des albums. “Les voix, dans notre musique, ce sont des instruments comme les autres. Au départ, on était dans un truc très instrumental, nos voix étaient sous-mixées, il y avait beaucoup de reverb’. Après, on est partis dans quelque chose de plus chanson, avec une voix en fonction de chaque morceau.”

La Femme se paie malgré tout le luxe de proposer des morceaux sans paroles, ou presque. Comme Lâcher les chevaux, superbe cavalcade psychédélique.

Potache et pointu

Elégante et vaporeuse, la pop de La Femme donne aussi envie de sortir la boule à facette ou de se marrer franchement. Voire les deux, comme avec l’improbable mais savoureux Disconnexion.

“Un texte parlé qui n’a rien à voir avec la choucroute! (rires) Sacha faisait des essais, il travaillait sur un morceau disco-country. Il est allé jusqu’à Memphis pour enregistrer des musiciens, des joueurs de banjo exceptionnels… Et puis il a décidé d’un coup, parce qu’il aime bien regarder des émissions philosophiques, de mettre un discours parlé sur de la musique, comme ça. C’est du gros second degré, mais c’est un mélange intéressant et inhabituel. On s’est dit: tiens, les gens, en boîte, ils vont écouter un peu de philo!”

Un côté potache que le groupe assume. “On aime les trucs hyper pointus, très froids, avec une esthétique à la Terminator, un côté Daft Punk ou Justice, mais à un moment… on pète un coup, on danse, il y a quelque chose de festif, on n’aime pas ce mot mais c’est ça! On a notre influence Les Inconnus qui arrive, on ne peut pas s’en empêcher. C’est triste d’être tout le temps sérieux, il faut du fun et rire de soi.”

Projet filmé

Visuellement aussi, La Femme mixe décalage et esthétique soignée. “On s’est demandé comment aborder cette variété de styles visuellement, et on a pensé à une émission puis un film… Le concept qu’on a imaginé, c’est qu’on clipe tous les morceaux de l’album et ça fera en film une fausse émission de télé en mode années 1970-1980, où tout le monde fume et boit sur le plateau… Ce sera le socle pour présenter les chansons. Je pense qu’on le verra en septembre ou octobre!”

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