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Comme tous ceux qui étaient à New York ce jour-là, Éric Sanchez sait exactement où il se trouvait le 11 septembre 2001. Le fameux 9/11.

“C’était un mardi et j’étais déjà au bureau, dans Midtown, un quartier d’affaires de Manhattan”, raconte ce natif de Toulon qui, à l’époque, travaillait pour la Société Générale, dans le cadre d’un service de la coopération.

Vingt ans après les attentats contre le World Trade Center, sans doute l’une des journées les plus tragiques de l’histoire des États-Unis, ses souvenirs sont intacts.

Le quadragénaire varois, devenu citoyen américain en 2013, ne s’est pourtant pas rendu compte immédiatement de ce qu’il se passait dehors, à quelques pâtés de maisons de son lieu de travail.

“À vol d’oiseau, mon bureau se trouvait à peine à deux ou trois kilomètres des tours jumelles. Mais c’est ma copine, devenue ma femme depuis, qui m’a annoncé au téléphone qu’un avion s’était crashé contre l’une des tours.”

“Au début, je n’ai pas pensé que ça pouvait être un avion de ligne. Et puis de minute en minute, au fur et à mesure que mes collègues arrivaient, parfois en pleurs, les nouvelles s’aggravaient.”

“Finalement, quelqu’un a allumé la TV et on a découvert l’horreur en direct. J’ai juste eu le temps de rassurer mes parents en France avant que les lignes téléphoniques ne soient saturées.”

Manhattan méconnaissable

Pour des Américains qui se croyaient jusque-là “intouchables”, “inatteignables”, les images qui passent en boucle à la télé semblent irréelles.

Éric Sanchez, qui avait pourtant l’expérience des attentats perpétrés en France en 1995, reconnaît lui-même qu’il a eu du mal à prendre pleinement conscience de la gravité des faits.

“À l’époque, j’habitais Brooklyn, juste de l’autre côté du pont. Le soir du 11-Septembre, les lignes de métro étant fermées, les rues coupées à la circulation, j’ai dû rentrer à pied. Et c’est là, en voyant les débris, en respirant la poussière partout autour de moi, que j’ai pris conscience du désastre.”

De ces moments à la fois étranges et effroyables, Éric Sanchez a gardé une sensation: le silence des rues de New York. “Enfin, les sirènes des pompiers retentissaient, mais je ne reconnaissais plus l’identité sonore de la ville. C’était bizarre”, corrige-t-il.

Une sensation et un mot: “collapse”. “C’est le 11 septembre 2001 que j’ai appris comment dire le mot “s’effondrer” en anglais.”

Les jours, les semaines, les mois qui ont suivi ces attentats n’ont pas été faciles à vivre. Pour Éric Sanchez, qui n’avait que 25 ans, comme pour des millions de New-Yorkais, ce fut la fin de l’insouciance.

“Le premier week-end qui a suivi, on a été avec quelques amis faire un pique-nique dans un parc de Brooklyn, mais le cœur n’était plus à la fête. Il régnait une ambiance assez lourde dans toute la ville. Dans le métro, les gens, devenus suspicieux, se dévisageaient. Cette psychose, cette crainte que surviennent d’autres attaques était d’autant plus forte qu’il y a eu l’affaire des enveloppes contaminées à l’anthrax dans la foulée.”

La résilience de “Big Apple”

Mais ces attentats et leurs quelque 3.000 victimes n’ont pas divisé la population. “Au contraire, les Américains se sont rassemblés. Et même pour les communautés immigrées, qui se sont associées à la souffrance des Américains, ça a été un facteur d’intégration.” 

Et même si les plaies béantes de Ground Zero sont longtemps restées visibles (le One World Trade Center n’a été inauguré qu’en 2014), la ville qui ne dort jamais a retrouvé son incroyable énergie.

“Ça a marqué toute une génération. Certains ont quitté New York avant de finalement revenir y vivre. Le temps a passé et aujourd’hui, vingt ans après les attentats, tout est revenu quasiment à la normale.”

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