Mis à jour le 16/03/2021 à 11:10

Publié le 16/03/2021 à 11:08

A la suite du mouvement lancé au théâtre de L’Odéon, le Théâtre national de Nice est occupé depuis hier.
(Photo Franz Bouton)

On vous explique pourquoi le Théâtre national de Nice est à son tour occupé


Après le théâtre de L’Odéon et une trentaine d’autres dans toute la France, le Théâtre national de Nice a été occupé, lundi, par dix premiers volontaires. Coût d’entrée: un test PCR négatif.

Ça a été dur, mais on y est arrivés”, pose Jean-Louis Ruf, délégué de la CGT Spectacle, pour les Alpes-Maritimes. Après le petit contretemps de vendredi, Muriel Mayette Holtz, directrice du Théâtre national de Nice (TNN) semble avoir changé son fusil d’épaule et autorisé les artistes, intermittents, syndicats, associations libertaires… qui le souhaitaient, à occuper le hall d’entrée.

Et ils sont unanimes: la mobilisation est pacifiste. “Le théâtre n’est pas notre ennemi, au contraire”, ajoute Jean-Louis Ruf.

Une semaine d’occupation

“La colère et le besoin de se mobiliser sont légitimes. Moi aussi, je voudrais ouvrir”, souffle Muriel Mayette Holtz, avant d’adresser quelques mots à la centaine de personnes présentes, dehors. Afin de respecter la distanciation sociale et les gestes barrière, dix personnes pourront se relayer au sein du théâtre. Le soir, 20 pourront y dormir.

Sacs de couchage, bouilloire et de la nourriture, donnée par l’union départementale des travailleurs privés d’emploi et précaires, devraient permettre de tenir un siège d’une semaine. “C’est bien beau d’entrer mais, sans nourriture, on va vite sortir”, ponctue un membre de la CGT chômeurs, dans un sourire.

ODes groupes de travail

Au programme, de cette occupation : des groupes de travail pour réfléchir au futur du spectacle, qui regrouperont des professions diverses. Artistes, mais aussi techniciens et des professionnels de l’extra événementiel.

Seules obligations pour entrer : porter un masque, présenter un test PCR négatif et respecter les distanciations sociales.

Une agora ouverte à tous

À l’extérieur aussi, les profils sont divers. Robin, étudiant en dernier au Conservatoire de Nice, était entouré par deux amis. Tous les trois sont censés être sur le marché du travail l’an prochain, mais dénoncent un “flou artistique”.

“La situation affecte notre façon de travailler : on prépare des concours sans public. En cours, seuls les élèves concernés par la scène travaillée sont présents. Ça freine l’émulation de groupe”, explique-t-il.

À côté de lui, Philémon, d’associatif libertaire, déplore l’interdiction des spectacles de rue. “C’est délirant de ne pas pouvoir jouer en plein air et espacés”, pointe-t-il.

À profils divers, problèmes variés. Il est donc prévu d’organiser une agora quotidienne à 14 heures, sur le parvis du TNN. Ouverte à tous, et pas uniquement aux professionnels du spectacle.

Les revendications

Outre l’occupation symbolique du TNN de Nice, la CGT spectacle, Nice métropole Côte d’Azur (NMCA) et les autres entités présentes ont formulé des demandes précises. “Il faut prolonger l’année blanche, pour les personnes qui ne peuvent plus exercer”, commence Violaine Darmont, référente opéra pour la CGT NMCA.

La violoniste pointe également des réductions d’effectifs permanents, au sein du service public. “On ne veut plus avoir peur du lendemain en permanence”, achève-t-elle.

La CGT spectacle demande également l’abandon “pur et simple” de la réforme chômage, des mesures pour garantir l’accès aux congés maternité et maladie, la création d’un fond d’urgence gouvernemental pour permettre des séances de résidence et des répétitions.

Le syndicat souhaite également l’ouverture des salles de spectacle et de cinéma, “dans le respect des gestes barrière, évidemment”, complète Jean-Louis Ruf.

Les étudiants présents ont également émis le souhait de reconnaître la filière danse comme artistique, et non sportive, afin que les cours puissent reprendre.

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