Mis à jour le 17/03/2021 à 11:31

Publié le 17/03/2021 à 11:15

Avec 84% de baisse de sa fréquentation, Cap 3000 a dû s’adapter à la crise sanitaire et entend conserver ses dispositifs à l’issue de la crise sanitaire.
(Photo François Vignola)

PHOTOS. Negresco, Cap 3000, cinémas… Que deviennent ces lieux emblématiques un an après le début de la crise Covid-19


17 mars 2020, le pays est mis sous cloche. L’objectif? Endiguer l’épidémie de coronavirus. Retour sur 365 jours d’une année qui a été chamboulée à Nice et dans sa région

Un an jour pour jour après le premier confinement, Emmanuel Macron doit trancher ce mercredi face à la “troisième vague” de l’épidémie et une vaccination freinée par les doutes sur AstraZeneca.

À Nice, le Negresco prépare malgré tout un bel avenir

Le Negresco bien que fermé ne s’est pas endormi sur ses lauriers et mise sur l’avenir avec une plan stratégique pour ces “cinq prochaines années”. Un Spa devrait être notamment créé. (Photo S.B., F.B., D.M. et EO)

Un an. Un an durant lequel Le Negresco a davantage joué à la belle endormie qu’au palace hyperactif. “Faire, refaire, défaire, repenser… En un an, on est paradoxalement riche d’expériences”, commente, philosophe, Lionel Servant, le directeur général du 5 étoiles de la promenade des Anglais, devenu vaisseau fantôme après deux mois et demi de fermeture au premier confinement, une saison estivale correcte et une nouvelle fermeture depuis fin octobre.

Des mois et des mois de couloirs vides mais de réflexion dense: “Nous avons profité de ces périodes pour travailler sur la stratégie à mettre en place pour les cinq années à venir avec, notamment, la création d’un spa, d’une piscine intérieure, la réfection des appartements de Jeanne Augier, la rénovation de la façade.”

Avec, aussi, un plan de sauvegarde de l’emploi au milieu: “Une des économies intégrées au plan 2021/2022.” Concrètement, les effectifs ont été réduits de 10%: 16 départs volontaires et licenciements, ces derniers étant “plutôt des postes créés sur la période 2019/2020 et qui, compte tenu de la chute d’occupation de 80 à 36%, ont été supprimés”.

Il reste 145 employés, dont les artisans du service technique toujours affairés à restaurer tapisseries, moquettes, peintures, mobilier, etc. Même s’il reste “des incertitudes quant à une réouverture en avril”, Le Negresco prépare malgré tout un bel avenir.

Saison d’essai pour les stations de ski

Les stations de ski ont misé sur la diversité pour la saison hivernale avec notamment les chiens de traîneau (Photo Dylan Meiffret)

Au vu des tombées de neige à l’orée de la saison, les stations de sport d’hiver étaient sur les starting-blocks, en novembre. Elles ont été coupées dans leur élan quand le gouvernement a décidé d’éviter l’afflux de touristes.

Pas de fermeture en soi. Mais une interdiction de faire tourner les remontées mécaniques, hormis pour les clubs et mineurs licenciés. Les stations de ski sans ski pour le grand public? “Absurde!”, n’ont cessé de hurler responsables et élus, qui se sont livrés à un intense lobby dans l’espoir de pouvoir remettre le contact pour les vacances de février, à coups de protocoles sanitaires longuement travaillés. En vain.

Le coup a été particulièrement dur pour La Colmiane. La station de Valdeblore, fortement touchée par la tempête Alex du 2 octobre, a été retapée en un temps record, dans l’espoir de relancer rapidement l’activité de ce secteur sinistré.

Alors, les stations des Alpes-Maritimes ont mis le paquet sur la diversification. Pour s’adapter et pour faire vivre la station. Chiens de traîneau, snow volley, luge et randonneurs se sont installés sur les fronts de neige. Les locations de raquettes ont explosé, jusqu’à la pénurie. À Valberg, le ski de fond a augmenté de 350%. Même sans ski, la montagne est prisée. Bouffée d’oxygène en cette année de confinements et de couvre-feu.

La preuve : les réservations ont été au rendez-vous. Mais pas les rentrées d’argent. Privées de la manne des forfaits, les stations misent désormais sur les aides promises par l’État pour équilibrer leur budget. En attendant, afin de ne pas se retrouver en panne de trésorerie, elles limitent les frais. Auron et Isola 2000 ont annoncé cette semaine leur fermeture anticipée après un dernier week-end samedi et dimanche.

Fondation Maeght à Saint-Paul: dans les jardins, “il n’y a pas foule”

Malgré la réouverture des jardins, du labyrinthe, de la cour Giacometti et de la chapelle, la fondation Maeght déplore le manque de foule. (Photo S.B., F.B., D.M. et EO)

La fondation Maeght, “une belle endormie”, qui ne demande qu’une chose: se réveiller de ce mauvais rêve. Galeries, musées, cinéma, théâtre: “C’est tout le secteur culturel qui a terriblement pâti de la situation”, confie Isabelle Maeght, membre du conseil d’administration.

L’année 2020 a été rythmée par des ouvertures et des fermetures précipitées. Difficile pour les finances. “Nos recettes dépendent essentiellement des entrées comme beaucoup d’autres établissements”, rappelle Isabelle Maeght. Six mois d’activité, moitié moins de visiteurs.

Difficile aussi pour le moral des professionnels du secteur.

“On est tous dans l’attente. L’être humain a besoin de savoir où il va.” Ainsi que pour les passionnés. “On a besoin de se laver l’œil, l’art c’est notre manière de vivre.”

Si l’autorisation d’ouvrir les jardins, le labyrinthe, la cour Giacometti et la chapelle a été un moment d’espoir début février, il n’a pas été couronné de succès. “Il n’y a pas foule mais, par principe, nous restons ouverts.” En attendant que les salles, elles, puissent accueillir du public. Le plus vite sera le mieux.

Carnaval de Nice “au point mort depuis un an”

“On réalise des œuvres pour des artistes, des sculptures commandées par des particuliers. Mais sinon, depuis un an de crise sanitaire, tout est au point mort.” (Photo S.B., F.B., D.M. et EO)

Maison du Carnaval, rue du Docteur-Richelmi, et halle Spada, à Saint-Roch: zéro activité carnavalesque. C’est quasiment à l’abandon depuis l’édition 2020 du Roi de la Mode, raccourcie le dernier week-end: “A la Maison du Carnaval, il y a encore des chars pas démontés. Ce n’est plus un atelier de production”, confie le carnavalier Cédric Pignataro.

Lui et d’autres collègues ont, depuis quelques années, basculé sur la halle Spada, mais même dans cet antre gigantesque, c’est vide puisque l’édition 2021 du Roi des Animaux a été reportée à 2022.

“Tout ce qu’on a démonté, on le stocke là-bas et on essaie de trouver d’autres occupations. Par exemple, la réalisation d’œuvres pour des artistes, des sculptures commandées par des particuliers. Mais sinon, depuis un an de crise sanitaire, tout est au point mort.”

Pas ou peu de travail. Mais il se pourrait que cette année de disette prenne fin puisque, d’ici quelques jours, la construction des futurs chars pourrait reprendre à Spada avec futur assemblage à Richelmi dans un peu moins d’un an. Enfin le bout du tunnel d’une fête tristement masquée? Espérons-le…

Cap 3000, à Saint-Laurent-du-Var: une ruche sans clients

Avec son agrandissement et sans la crise sanitaire, Cap 3000 aurait dû connaître un nouveau souffle en 2020. Il y règne désormais un silence de cathédrale. (Photo S.B., F.B., D.M. et EO)

Cinq mois avant le premier confinement, le centre fête ses 50 ans d’existence. Nous sommes en octobre 2019 et Cap 3000, à Saint-Laurent-du-Var, vient tout juste de s’agrandir.

135.000 mètres carrés inaugurés au lieu de 83.000 initialement. Un projet titanesque. Dont les clients n’ont profité que brièvement. En mars 2020: fermeture imposée. La France se met en pause. Et Cap 3000 avec elle. Seuls quelques commerces comme Monoprix et la pharmacie continuent de fonctionner.

Après deux mois d’arrêt, le centre obtient le droit de rouvrir. Mais pas ses 22 restaurants. Leur tour viendra en juin. Durant l’été, la vie redevient presque normale. On peut travailler mais avec des règles sanitaires strictes. Sens de marche imposé, nombre de clients limités, port du masque obligatoire…

En octobre, rebelote: deuxième confinement. Un petit sursis va lui permettre de fonctionner durant les fêtes mais sans les restaurants. Le 31 janvier, un décret impose aux centres commerciaux de plus de 5.000 m² de fermer leurs portes. Cap 3000 passe encore une fois en zone d’ombre. Seuls les commerces dits “essentiels” restent ouverts.

Avec son agrandissement, le lieu aurait dû connaître un nouveau souffle en 2020. Il y règne désormais un silence de cathédrale.

À ce jour, la structure enregistre 84% de baisse de fréquentation. Une année compliquée, pour Roch-Charles Rosier, directeur du centre. “On a aucune visibilité sur l’avenir, souffle-t-il. Il a fallu se montrer agile et imaginatif.”

En s’adaptant à chaque fois. “Nous avons développé le e-shop, le click & collect, le drive avec des places dédiées sur le parking…” Un “business différent”, que le centre compte conserver à l’issue de la crise. “Car les habitudes des clients ont changé.”

Bonaparte fatiguée d’attendre, à Nice

Depuis le 2e confinement décrété en octobre, puis le couvre-feu avancé à 18 heures, Bonaparte a perdu de sa vivacité, son visage a changé, son pavé bleu a vieilli et c’est l’angoisse qui règne. (Photo S.B., F.B., D.M. et EO)

La décision est tombée comme un coup de massue, inattendue. Prévenus le vendredi 13 mars, les établissements “non indispensables” recevant du public doivent fermer. Le samedi à minuit, tout doit s’arrêter.

Comme ailleurs, les lieux de vie de la rue Bonaparte s’éteignent, les frigos remplis pour le service du dimanche. “On ne pensait pas que ça allait durer jusqu’au mois de juin”, confie Franck Marchetti de Chez Papa.

À l’annonce de la “libération”, le 2 juin, c’est l’appréhension qui prend le pas. La mairie a donné un coup de pouce, permettant à ceux qui en ont la possibilité d’étendre leurs terrasses sur la voie publique.

Les établissements s’équipent et investissent pour accueillir les clients en respectant les mesures sanitaires. Et les clients, fidèles, locaux reviennent: “Les gens étaient avides de restaurants, on a eu beaucoup de monde et on a fait une belle saison qui nous a permis de redresser la tête”, se rappelle Franck Marchetti.

Mais cela ne dure qu’un temps et le 2e confinement décrété en octobre, puis le couvre-feu avancé à 18 heures font encore plus mal. Bonaparte a perdu de sa vivacité, son visage a changé, son pavé bleu a vieilli et c’est l’angoisse qui règne.

“J’ai peur que les habitudes des gens aient changé pour de bon”, livre Franck qui s’inquiète des conséquences sur les professionnels.

Après plusieurs mois sans activité, les organismes sont fatigués, les esprits usés. La rue, dont le cœur battait au déjeuner, à l’heure de l’apéro et tout au long de la nuit attend de renaître, elle ne sait pas quand ce sera possible.

Le cinéma, c’est quoi déjà?

Rideaux tirés depuis octobre, les salles de cinéma font grise mine. (Photo S.B., F.B., D.M. et EO)

À quoi ça ressemble un cinéma aujourd’hui? Un an après le début du confinement, ils sont peu à pouvoir le dire, tout simplement parce que personne ne peut y entrer. Écran noir, rideaux baissés, sièges vides, pas un cornet de pop-corn, pas une glace de vendus…

Gel hydroalcoolique à disposition, port du masque obligatoire, condamner des places pour permettre la distanciation sociale: ce sont des investissements et des aménagements que les exploitants ont réalisés pour rendre leurs salles conformes aux mesures sanitaires.

Mais, alors qu’ils ont pu rouvrir en juillet, le deuxième confinement décidé en octobre et leur réouverture à chaque fois repoussée par le gouvernement ont condamné ces lieux de culture.

L’expérience sensorielle et culturelle de la séance de cinéma semble dater d’une autre époque. Les plateformes de vidéos à la demande et les plateaux télés ont remplacé ces sorties plaisirs. “Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise? Ça fait cinq mois qu’on est fermé. On attend”, lâche, abattu, Mario Tommasini, à la tête des cinémas Pathé de Nice.

Les facs vidées de leurs étudiants

L’Université Côte d’Azur met en place des dispositifs de soutien, pédagogiques et psychologiques pour aider les étudiants à surmonter la crise sanitaire. (Photo S.B., F.B., D.M. et EO)

Drôle d’ambiance, au sein des universités. Quelques étudiants foulent le parvis du campus Carlone, mais rien de comparable avec les grappes de jeunes qui s’asseyaient par terre, dès l’apparition des premiers rayons de soleil. Et pour cause, depuis septembre 2020, une grande partie des cours se fait en ligne.

De quoi désarçonner certains élèves en première année, pas tous originaires de la Côte d’Azur. “Je n’ai rencontré personne, cette année”, souffle Lilou. “Et encore, j’ai redoublé. Donc j’ai la chance d’avoir des amis de l’an dernier”, ajoute-t-elle, une cigarette à la main.

Depuis le début du mois de février, les cours alternent entre visioconférences et présentiel.

Particulièrement isolés, certains étudiants ont pu bénéficier de dispositifs de soutien, pédagogiques et psychologiques. “Qui devront perdurer après la sortie de crise, car l’impact sera de longue durée”, ajoute Jeanick Brisswalter, président d’Université Côte d’Azur. Rien d’arrêté pour la prochaine rentrée, donc, mais il espère qu’elle se déroulera “le plus normalement possible, (…) pour retrouver des conditions d’études et de travail sereines et épanouissantes”.

Il est donc possible que les parvis des universités azuréennes restent vidés de leurs étudiants, en septembre prochain, encore.

L’aéroport Nice Côte d’Azur s’est adapté

Malgré une chute de 99% de son trafic, l’aéroport Nice Côte d’Azur ne s’arrête pas et s’adapte à la pandemie. (Photo S.B., F.B., D.M. et EO)

Le choc arrive le 17 mars. La mise en place du confinement, premier du nom, marque la fin du trafic au terminal 1 (international) et sa fermeture mais aussi la chute de la fréquence du terminal 2.

Rideaux tirés, trafic comparable à l’année 1986 et la mise en place de mesures sanitaires. L’activité baisse considérablement (plus de 1.200.000 passagers en avril 2019 contre presque 8.000 en avril 2020, soit une chute de 99% du trafic), mais ne s’arrête pas.

S’il n’y a plus de vols commerciaux, ce sont les vols sanitaires qui occupent le personnel, notamment les évacuations de malades de la Covid-19 et les mouvements de personnels soignants.

L’aéroport s’est adapté, considérablement, pour protéger voyageurs et personnels. Filtration de l’air dans les terminaux, robot virucide à technologie UV, centre de test in situ, etc. Rien n’est laissé au hasard, l’espace est repensé pour accueillir et tester des centaines de passagers à leur arrivée sur le sol niçois.

Des d’aménagements récompensés par une accréditation santé délivrée par le Conseil international des aéroports, la certification la plus exigeante actuellement pour le secteur. Malheureusement, ces efforts ne permettent pas d’y voir plus clair dans un avenir proche sans certitude ni visibilité à long terme, à la merci des décisions des compagnies aériennes et des mesures gouvernementales.

Pourtant la volonté de maintenir les investissements ne faiblit pas. L’aéroport a sanctuarisé les fonds pour atteindre une neutralité carbone en 2030 et la piste nord vient d’être entièrement rénovée.

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