Le constat est sans appel et tellement évident après tous ces mois sans clientèle: depuis octobre 2020, date du second confinement, la très grande majorité des hôtels de Menton et de la Riviera française sont fermés, subissant de plein fouet les annulations successives des événements touristiques par excellence de l’Est du département: les festivités de Noël, la Fête du citron… sans compter les manifestations incontournables de la Principauté, qui distillent normalement leurs retombées économiques sur Menton et alentour au fil des saisons. Explications.

Une situation “catastrophique”

“Même le Grand Prix, cette année, n’apportera rien aux hôteliers mentonnais, puisqu’il se déroulera quasiment à huis clos. À part ceux qui ont des contrats historiques avec des écuries, personne d’autre n’en profitera à Menton, c’est sûr que cette année, le petit nombre de participants va se concentrer sur Monaco et profiter des libertés qu’il n’y a pas ailleurs!” annonce le président du Syndicat de la profession à Menton et sur la Riviera française, Benoît Borghese. 

Jusqu’à présent optimiste, le directeur de l’établissement “L’Orangeraie” à Menton ne mâche plus ses mots, avouant aujourd’hui que la situation est “catastrophique. 2021 sera largement pire que 2020” se navre-t-il, tablant sur une réouverture des hôtels à la fin mai, début juin: “Pas avant, on essaie de se maintenir, mais avec zéro chiffre d’affaires, c’est très difficile et aujourd’hui, le moral des hôteliers est au plus bas. La profession souffre énormément. J’y vois une forme de désespoir”.

Seulement trois ou quatre établissements sur Menton (il s’agit de grands hôtels) ont pu rester ouverts, accueillant des sinistrés de la tempête Alex, des ouvriers sur des chantiers ou encore des forces de l’ordre venues en renfort, “mais l’activité est de toute façon faible. D’autres ont tenté de rouvrir à plusieurs reprises, puis ont refermé au bout de quelques jours… Finalement, ce qui nous permet de tenir le coup et qui joue le rôle d’amortisseurs, c’est le chômage partiel et les aides qui nous sont accordées…”

Avec deux bonnes nouvelles tombées cette semaine*: la prise en charge d’une partie des coûts fixes et la possibilité de recruter dès maintenant les saisonniers. Mais le président modère cet élan: “La majorité des établissements ont contracté des prêts garantis par l’État, dont ils ont grignoté, pour la plupart, déjà plus de 80% au risque de s’endetter. Et malgré les reports de remboursement à 2022, ils pourraient être dans l’incapacité de le faire. Les cinq prochaines années seront difficiles et décisives pour la profession”.

Et l’avenir à court et long termes?

“Les perspectives pour cet été sont quand même médiocres” fait remarquer Benoît Borghese, “avec un remplissage pas avant le 15 juillet. Juin sera très calme, et je pense que l’on aura une belle arrière-saison. L’activité oscillera donc entre mi-juillet et mi-octobre… Soit quatre mois! Ça ne suffira pas à régler les problèmes de trésorerie, surtout pour les petits hôtels. Certains pourraient disparaître…”.

Et à plus long terme? Le président voit une forme de renouvellement du tourisme: un travail entamé depuis plusieurs mois avec l’Office du tourisme communautaire pour s’orienter vers un tourisme “vert”. Soit, mais il est désormais conditionné par la reconstruction de la vallée de la Roya). Le chemin est encore long et certainement pas tranquille.

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