Pierre Cortès a livré un réquisitoire fleuve ce lundi alors que le procès en appel de l’affaire Air Cocaïne entre dans sa dernière ligne droite à Aix-en-Provence.

L’avocat général a dressé les contours d’un trafic international d’envergure entre la République dominicaine et l’aéroport de Saint-Tropez. “On est dans le haut du spectre”.

Le magistrat estime à 500kg la quantité de cocaïne livrée en décembre 2012 sur le tarmac de l’aérodrome varois, sélectionné selon lui pour la rareté des contrôles réalisés sur place.

À cela s’ajoute les 700kg saisis à l’aéroport de Punta Cana, le 19 mars 2013, alors que le Falcon 50 affrété par la compagnie aérienne SN-THS s’apprêtait à décoller pour Saint-Tropez.

“Un marchand de mort en gros”

Présenté comme “un marchand de mort en gros”, Ali Bouchareb est l’accusé visé par les réquisitions les plus lourdes. Selon l’analyse de l’avocat général, il est “l’organisateur européen” du trafic.

Vingt-cinq années de réclusion ont été requises alors que ce présumé “importateur” a été condamné à dix-huit ans en première instance.

Pierre Cortès attribue également “un rôle qui n’est pas mince” à Michel Ristic qui aurait participé aux différents épisodes de l’affaire Air Cocaïne. “Il est présent à La Môle (où se trouve l’aéroport de Saint-Tropez, Ndlr), il est présent à Toulon (lorsque les protagonistes ont appris l’arraisonnement du Falcon à Punta Cana, Ndlr)…”

À son encontre, l’avocat général a requis dix années de réclusion alors que cet accusé avait été acquitté en première instance au bénéfice du doute.

Des pros de l’aviation “laxistes”

Quant aux “professionnels de l’aviation”, le magistrat leur reproche d’avoir participé “en conscience” au trafic. Il a distingué les dirigeants de la société SN-THS, motivés par l’appât du gain, et les pilotes, qualifiés “d’exécutants”.

Ainsi, Pierre Cortès a requis une peine de huit ans de prison contre Pierre-Marc Dreyfus et Fabrice Alcaud, associés à la tête de la compagnie SN-THS.

“Qu’ils ont été payés en avance et en liquide, c’est une certitude”, a déclaré l’avocat général en décortiquant “les acrobaties financières” auxquelles se seraient livrés les accusés condamnés à six ans à l’issue du premier procès en 2019.

Pascal Fauret et Bruno Odos, les “pilotes tartuffes” envoyés pour “prendre tous les risques” en République dominicaine sont quant à eux visés par des réquisitions semblables aux peines prononcées en première instance: six ans de réclusion.

Selon Pierre Cortès, les pilotes ne pouvaient ignorer que les trois vols concernés par la procédure étaient suspects, voire illicites.

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