“Par le cœur, je reste attaché à ma famille politique”.

Une petite phrase, glissée sans avoir l’air d’y toucher, qui ne trahit aucune volte-face sur le fond, mais induit une inflexion sur la forme. Après quasiment trois semaines de psychodrame au sein de LR, le ton a changé. Incontestablement.

Éric Ciotti, le premier, a mis de l’eau dans son fiel sur BFMTV. Son meilleur ennemi Christian Estrosi semblait, vendredi soir, prendre le même chemin. Consterné par le “spectacle calamiteux” généré par ces “joutes politiciennes”.

Le calumet de la paix n’est pas encore sorti du tipi des Républicains, mais la hache de guerre n’est plus brandie au-dessus des scalps.

Durablement? C’est toute la question.

Jeudi matin, Éric Ciotti n’a pas exclu de voter pour la liste Muselier au second tour des régionales (1). Est-ce le début de la fin des tensions ?

S’il y a un début d’apaisement, cela veut dire qu’on peut essayer de rassembler tous ceux qui ont un esprit de responsabilité. Ceux qui pensent qu’on a perdu du temps en s’égarant dans des débats partisans. L’enjeu de ce scrutin n’est pas la présidentielle ! Les débats politiciens ne m’intéressent pas.

Ces débats vous ont tout de même amené à claquer la porte de votre parti…

Ma démission n’est pas la démission d’un idéal. Par le cœur, je reste attaché à ma famille politique, à ce qu’a pu incarner le RPR, l’UMP et LR. À mes amis, avec lesquels j’ai partagé tant de combats, malgré certains propos déplacés, je dis : mobilisons-nous ensemble ! Laissons de côté les petits calculs dans l’intérêt de notre région et de notre département.

Lorsque vous avez salué le retrait de la liste LREM, annoncé par le Premier ministre lui-même, n’êtes-vous pas tombé dans un piège visant à diviser votre famille politique ?

C’est peut-être parce que je n’ai pas l’esprit tordu… Peut-être suis-je naïf ? Mais si cette naïveté me permet d’obtenir 2,5 milliards pour mon territoire grâce au Plan de relance, je l’assume. Je n’ai rien à négocier ; je ne suis candidat à aucun poste.

Vendredi matin, vous avez rencontré Jean Castex à Nice : avez-vous évoqué les élections régionales ?

Pas du tout.

Dans une lettre aux militants LR, Renaud Muselier s’est engagé jeudi à soutenir le candidat de sa famille politique à l’élection présidentielle. Prendrez-vous le même engagement ?

L’intérêt de mon pays, aujourd’hui, passe par une politique de décentralisation qui donne aux territoires les moyens d’agir. Je soutiendrai le candidat qui s’engagera le plus clairement dans cette politique. Il se trouve que la présidence actuelle l’a compris : on peut en juger, notamment, à travers le plan de relance économique. Le moment venu, je ferai mon choix de manière non-partisane.

Excluez-vous de modifier votre liste entre le premier et le second tour des régionales ?

Je déteste le mot exclusion.

Quel regard portez-vous sur Jean-Marc Governatori ? Est-il, à vos yeux, l’un des « écologistes raisonnables » dont parle Renaud Muselier ?

Il est membre de l’opposition au sein de mon conseil municipal. Mais 80 % des délibérations et des motions que je propose, il les vote. Ce qui nous rapproche me paraît plus important que ce qui nous sépare.

1. Le député azuréen a réaffirmé qu’il ne voterait pas pour la liste Muselier au premier tour, mais il a néanmoins ouvert la porte à un soutien discret pour le second : « Je préfère la victoire de quelqu’un qui est issu de ma famille politique. »

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