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Si vous connaissez la série Dr House, vous avez une vague idée de ce qu’est la médecine interne: elle prend en charge des patients souffrant de symptômes inexpliqués et tente de les relier entre eux pour déboucher sur un diagnostic et un traitement.

Le Dr David Girard, un des rares médecins interniste exerçant en ville, à Hyères, en donne une définition un peu moins réductrice. “C’est une médecine globale, au carrefour de la médecine générale et des spécialités d’organe”.

La médecine interne est souvent une médecine de deuxième, troisième, voire quatrième recours, qui propose une expertise clinique, assurant une prise en charge transversale et hiérarchisant les priorités.

Missions multiples

Pour cette expertise, “elle s’appuie sur quatre piliers, explique le Dr Girard: un réseau de partenaires réactifs permettant des échanges étroits pour des diagnostics complexes nécessitant de nombreux outils biologiques et d’imagerie, des thérapeutiques immunomodulatrices et immunosuppressives innovantes, souvent issues d’autres spécialités et dont l’initiation et parfois la poursuite s’effectuent en milieu hospitalier, une recherche clinique et fondamentale et une implantation forte dans l’enseignement de la médecine aux étudiants.” 

À l’origine, la médecine interne a été pensée et organisée pour prendre en charge les patients atteints de maladies orphelines, les patients dont la pathologie atteint plusieurs organes en même temps, ce qui fait que le champ d’expertise est à cheval sur plusieurs spécialités.

Outre les diagnostics complexes et le suivi de ces maladies systémiques, l’interniste intervient également en lien avec le médecin généraliste, le gériatre, le spécialiste d’organes ou le gynécologue obstétricien pour le co-suivi des maladies chroniques et des traitements.

“Il est un peu chef d’orchestre pour organiser un parcours de soins complexes, par exemple pour des patients suivis par plusieurs spécialistes d’organes, détaille le Dr Girard. Il garde un œil critique sur les combinaisons thérapeutiques et leurs éventuels effets secondaires. Il vient par exemple en soutien d’autres spécialistes engagés auprès d’un patient avec plusieurs systèmes malades : une maladie inflammatoire et un cancer par exemple.”

En pédiatrie, il peut prendre le relais auprès de patients atteints de maladies avec une expression multifocale, “en particulier au moment de l’adolescence où le parcours de soins est parfois plus difficile à maintenir avec des risques de défauts d’observance des traitements.” Il peut aussi intervenir en soutien de l’obstétricien confronté à des maladies systémiques pouvant potentiellement s’aggraver durant la grossesse.

Une démarche singulière

“La causalité est une valeur relative, qui impose une démarche singulière, particulièrement dans notre spécialité, explique le Dr Girard. Il existe énormément de maladies dont on ne connaît pas la cause. On conduit une démarche assez particulière, qui consiste à rassembler tout un ensemble de signes, pour établir une taxinomie, une classification qui pourra être remaniée au fur et à mesure de nouvelles découvertes dans la dynamique de recherche de la cause première. Souvent, fait-il remarquer, un événement clinique est le résultat d’une relation, par exemple entre un agent infectieux et le système immunitaire d’un patient donné. On a vu avec l’épidémie de Sars-Cov-2 que certaines manifestations cliniques sont partagées par un grand nombre de patients, mais d’autres sont plus rares parce qu’au final, l’expression de cette relation est assez singulière.”

L’interniste, plus qu’un autre spécialiste, fait cette démarche minutieuse de classement à partir des symptômes du patient. “C’est aussi dû au fait que les maladies immunitaires dont il s’occupe traditionnellement sont, encore maintenant, définies par un ensemble de signes, parfois associés à un marqueur biologique pronostic, plus que par un élément unique associable à une cause.”

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