Elles dépoussièrent les platines, briquent les stroboscopes et astiquent leurs boules à facettes. Les boîtes de nuit rouvrent dans quelques heures après seize mois de fermeture. Une éternité pour les adeptes des dance floors qui devraient être nombreux ce vendredi soir à renouer avec les nuits d’avant.

un quart des établissements menacé

L’épilogue d’un long feuilleton qui a laissé de nombreuses discothèques sur le carreau.

Un quart d’entre elles sont menacées de disparition selon le président du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL) Patrick Malvaës.

Sur 1.600 discothèques en France, “150 à 200 sont en règlement judiciaire et vont passer en liquidation pour 75% d’entre elles à la rentrée. Et 200 sont en sursis. Un sursis artificiel pour ceux qui bénéficient encore des aides et qui attendent la fin des aides fin août. Là, ils déposeront le bilan”, a-t-il indiqué au micro de France Bleu le mois dernier.

Tellement impatients de lever le rideau, certains établissements ont accueilli leurs clients dans la nuit de jeudi à vendredi à minuit passé d’une minute, comme le mythique High Club de la promenade des Anglais à Nice.

D’autres ont fait le choix de ne pas rouvrir tout de suite, en raison de la lourdeur du protocole, notamment. C’est le cas notamment du Feeling à Nice et du Brummel à Menton. Le Carré/Le Trendy à Saint-Laurent-du-Var restera fermé pour travaux.

pass sanitaire ou test de rigueur

Si le port du masque n’est pas obligatoire pour la clientèle, l’accès aux boîtes de nuit est strictement réservé aux personnes à même de produire un pass sanitaire mentionnant un schéma vaccinal complet, ou le résultat négatif d’un test PCR ou antigénique de moins de 48 heures, ou le résultat d’un test positif attestant du rétablissement de la Covid-19, datant d’au moins 15 jours et de moins de 6 mois.

Un vigile vérifie que les QR codes ou les attestations papier et les pièces d’identité sont en règle. Certains établissements ont dû embaucher du personnel dédié à cette fastidieuse tâche.

Les salariés doivent aussi se faire tester et ont l’obligation de porter le masque, mais pas d’être vacciné.

La jauge a été fixée à 75% de la fréquentation maximale en intérieur.

“une folie”

Autoriser les discothèques à rouvrir alors que le virus n’a pas disparu et que son variant Delta progresse, notamment dans les Alpes-Maritimes, “c’est une folie” selon Marjorie, noctambule niçoise et fêtarde invétérée, qui n’ira pourtant pas danser ce 9 juillet, ni les jours suivants. “En discothèque, on parle fort et donc on postillonne pour se faire entendre, on se touche, on se frôle. On se trompe parfois de verre et on boit dans celui du voisin.”

Des arguments que les gérants de discothèques balaient d’un revers de la main: les soirées au sein de leurs établissements se déroulent désormais entre vaccinés ou clients testés négatifs.

En Europe, l’Espagne a été la première à rouvrir ses discothèques, fin juin, dans les régions où le virus circulait le moins, avant de faire machine arrière deux semaines plus tard en Catalogne. Des restrictions annoncées en urgence pour freiner la hausse exponentielle des cas de Covid-19 enregistrée ces derniers jours, principalement chez les jeunes, dans cette région du nord-est du pays.

La semaine dernière, le Portugal a rétabli le couvre-feu dans 45 communes.

En Allemagne, seules les discothèques à ciel ouvert ont pu rouvrir, et le port du masque FFP2 est obligatoire sur la piste de danse.

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