Ce n’est pas un problème de riches, mais de marins. Si les riches ne sont plus là, nous non plus”, déclare Mathieu Reix, président de l’association SOS Navigation qui organise depuis quelques semaines l’opération de protestation contre la loi réglementant les mouillages des navires de plus de 24 m, nouvellement appliquée le long des côtes azuréenne et varoise afin de protéger les herbiers de posidonie. “On est tous sensibles à la préservation de la mer, c’est notre fonds de commerce”, assument les capitaines de yachts. Mais on veut aussi pouvoir travailler.”

Pétition: plus de 2.000 signatures

À 14 heures, certains jours, la grande plaisance du vieux port, comme du port Pierre-Canto, est invitée à déclencher ses cornes de brume. Une protestation à grands bruits pour faire connaître un fort mécontentement qui s’est emparé non seulement des marins, mais également des entreprises liées au nautisme. “Et ça fait du monde, affirme le président de SOS Navigation et capitaine du yacht Accama Delta (30 m) amarré quai Laubeuf. Nous avons lancé une pétition qui a recueilli plus de 2.000 signatures.”

Ce qui gêne les capitaines de yachts dans cette loi appliquée par la préfecture maritime? “Nos zones de mouillage ont été reculées des côtes vers des profondeurs à 30 mètres. Les beaux mouillages à 15 m nous sont dorénavant interdits. Les bateaux comme la clientèle ne sont plus en sécurité dans ces zones de grands passages et moins bien abritées des coups de vent. Vous imaginez nos clients se baignant au milieu de la circulation estivale intense? C’est extrêmement dangereux.”

Vers des côtes plus hospitalières

Une catastrophe à court terme pour les professionnels du nautisme qui prédisent la fuite de la belle plaisance vers des côtes plus hospitalières. Déjà certains navires, basés dans la région, annoncent leur départ vers la Croatie. L’Espagne pourrait aussi en récupérer, s’inquiète Mathieu Reix.

“Un vrai problème pour les équipages qui devront suivre ou démissionner comme c’est déjà le cas pour ce chef cuistot et ce stewart d’un navire basé à La Napoule. Nos familles sont ici, pas en Croatie.”

La riche clientèle, privée des plus beaux mouillages, pourrait, elle aussi, bouder la Côte d’Azur. “Un prince Qatari a fait savoir qu’il ne viendrait pas cet été”, déroule encore Mathieu Reix, en montrant de nombreux mails de protestation.

Pour lui, les équipages ne sont pas les seuls impactés, toute l’activité directe (“70.000 personnes dans les Alpes-Maritimes”) et indirecte que génère le nautisme du luxe l’est aussi.

“Je fais du charter à la journée, de mars à septembre, je dépense 70.000 euros en 7 mois à Cannes rien qu’en nourriture et boisson”, argumente encore le capitaine, qui rappelle que le yachting représente plus de 2 milliards annuels.

Son opération à grand bruit est reprise dans plusieurs ports des Alpes-Maritimes, comme du Var.

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