On est des virus ambulants! On nous envoie au front – puisque l’on est en guerre – face à des gens affaiblis. Je suis écœurée. Révoltée. A la fin de la semaine, je stoppe tout pour sauver ma vie et celles des autres”, lâchait-elle. 

Maman d’une fillette de 18 mois, l’Azuréenne considérait prendre trop de risques face à un virus jusqu’alors inconnu.  “On va de patients en patients sans filet de sécurité. On s’occupe de personnes faibles avec des pathologies multiples et aujourd’hui où sont les masques adaptés, où sont les matériels nécessaires pour intervenir en toute sécurité?” 

Deborah dénonçait également le manque de reconnaissance flagrante d’une profession, des charges de plus en plus importantes, une réorganisation du régime de retraite “fatale” pour les infirmières. Une situation qu’elle trouvait intenable. 

Ce constat, la jeune maman, le réitère aujourd’hui. Pire, elle a véritablement choisi de quitter la profession. “Je lâche ce métier dès que je peux. J’ai nettement réduit mes activités d’infirmière, et j’en suis malheureuse pour les patients, mais j’ai aussi ma vie. Ce n’est plus tenable. Je ne travaille plus que cinq ou six jours par mois en tant qu’infirmière libérale. C’est un choix!” 

Déborah a changé, ces derniers mois, d’horizon professionnel. “J’ai ouvert une entreprise dédiée à l’esthétique”, annonce-t-elle. “J’ai été sollicitée pour rejoindre le centre de vaccination, j’ai refusé“.

Selon elle, si les autorités ne réagissent pas rapidement, “les infirmières et infirmiers seront très rares dans le futur. C’est bien beau d’applaudir, de nous remercier, mais il faut aussi se rendre compte de ce qu’il se passe. De la déconsidération pour ce métier. En résumé, il faut travailler plus pour être moins payé. Pour moi, c’est terminé!

La jeune infirmière qui avait improvisé, dans l’entrée de son domicile, un sas de ” décontamination pour ne pas ramener le virus“, tient à nous préciser qu’elle n’a pas attrapé la Covid-19. ” C’était une hantise ! Des collègues d’une quarantaine d’années l’ont eu il y a quatre mois, elles ont fini en réa. Aujourd’hui encore elles manquent de souffle. Ma famille a heureusement été épargnée de ce côté-là“. 

Marion. Infirmière, Victime d’un message anonyme à Toulon: “je suis plus méfiante” 

Vous êtes infirmière, donc vous avez plus de risques d’être contaminée par le virus. Nous vous demandons de ne pas emprunter l’ascenseur ainsi que de ne pas toucher les éléments des parties communes ou, au mieux, de déménager en attendant la fin de cette épidémie. Merci de penser à notre santé“. 

Ce message, Marion Dommartin, une infirmière alors âgée de 23 ans, le découvrait fin mars 2020, apposé dans le couloir de la petite résidence où elle vit. Après douze heures de garde à l’hôpital Sainte-Musse, la Toulonnaise était sans voix.

Alors que tous les soirs à 20 heures débutaient les applaudissements depuis les balcons, en l’honneur des personnels soignants, elle était victime d’un corbeau qui allait jusqu’à lui demander de quitter son logement. 

New Report

Close

Log in with your credentials

or    

Forgot your details?

Create Account