Avec 70 millions de disques vendus et des tubes reconnaissables à la première note à son actif, Umberto Tozzi mérite son titre de star internationale de la chanson.

Le Turinois– célèbre pour ses mélodies Ti amo, Gloria ou Tu– est résident monégasque de longue date.

Alors que la pandémie actuelle a ajourné sa tournée mondiale et réduit à peau de chagrin la possibilité pour les artistes de se produire devant un public, c’est en Principauté que le chanteur retrouvera la scène, quittée depuis un an et demi et un concert à Paris en novembre 2019.

“J’ai hâte de faire de la musique ailleurs que chez moi”, plaisante-t-il.

Le 10 avril prochain, il donnera un concert en direct de la Salle des Étoiles. Concert retransmis en streaming, pour le public qui aura acheté son billet pour se connecter.

Outre le plaisir de jouer en live, Umberto Tozzi espère surtout avec cet événement, lever des fonds pour soutenir les professionnels du spectacle avec qui ils travaillent en Italie, tous fortement impactés par la crise économique depuis une année.

C’est une soirée festive et caritative que vous préparez pour le 10 avril?

L’idée est d’aider mes musiciens, mes techniciens, tout le staff qui travaille habituellement avec moi. Ils sont tous chez eux depuis plus d’un an, sans pouvoir travailler, sans pouvoir supporter les besoins de leurs familles. Tout ce secteur en Italie n’est pas du tout aidé. Pour le gouvernement italien, travailler dans le monde de l’art, ce sont des métiers de privilégiés. Ce n’est pas comme en France, où l’accompagnement des artistes et des professionnels de la culture est pris plus au sérieux. Avec les fonds que nous allons récolter par la vente des billets de ce concert virtuel, j’espère pouvoir les aider.

À quoi peut s’attendre le public?

Ce sera un concert acoustique, ce que je n’ai jamais fait de toute ma carrière. Je serai accompagné par un percussionniste, une violoniste et un saxophoniste. On va devoir commencer à répéter car habituellement c’est plus rock, là c’est une approche très différente de la chanson (rires). Le résultat sera plus intime. Et je suis très content de jouer au Sporting où j’ai fait plusieurs concerts.

Et de jouer, aussi, à domicile?

En effet oui, nous avons choisi avec ma famille de nous installer au début des années 1990 en Principauté. Mes enfants sont allés à l’école à Monaco. Mes trois petits-enfants sont nés à Monaco, car oui je suis grand-père et le dernier à sept mois.

“C’est un art qui a absolument besoin d’avoir quelqu’un face à soi”

Un grand-père à qui la vie d’artiste manque depuis un an?

Je crois que nous avons tous envie de retrouver la vie d’avant. Ma tournée mondiale devait commencer en mars 2020: en Amérique du Sud, aux États-Unis, au Canada, en Australie puis en Europe. Tout a été reporté à on ne sait pas quand… C’est ça qui est compliqué! J’espère qu’à la fin de l’été, ce sera plus simple en Europe avec le vaccin. J’ai suivi le test réalisé à Barcelone, d’un concert en présence de 5.000 personnes. Il y a sûrement des endroits où c’est dangereux de rassembler du monde. Mais, dans une salle de spectacle, si tout est bien organisé, ça doit être possible d’accueillir le public en toute sécurité.

En attendant, vous chanterez sans public dans la salle à Monaco, une première?

Oui et j’espère que ce sera la dernière fois! En février dernier, j’étais invité au Festival de San Remo. Jouer dans ce théâtre vide, sans réaction du public, alors qu’il est toujours plein à craquer, c’était horrible. Je crois que la musique, c’est un art qui a absolument besoin d’avoir quelqu’un face à soi, qu’il s’agisse de 10, 100 ou 1.000 personnes. Faire un concert sans public, c’est très compliqué.

La set-list est déjà prête?

Oui, je vais jouer une heure et demie, notamment des chansons de ma carrière que je n’ai presque jamais fait en live. J’en ai redécouvert certaines qu’on a choisies pour ce concert. Et l’acoustique leur donne un aspect différent.

Il y a aura forcément Ti amo?

Bien sûr, mais aussi dans une version différente. C’est drôle mais à sa sortie en 1977, je n’aurais jamais pensé que cette mélodie passe les frontières de l’Italie. D’ailleurs, la chanson a commencé à marcher en France au tout début. À l’époque, en 1977, les DJs de la Côte d’Azur diffusaient Ti amo en discothèque et tout le monde se demandait “qui chante ça”. On m’a alors appelé pour faire la promotion à Paris, et la mélodie s’est répandue dans le monde entier. Mais, vous savez, je prends toujours du plaisir à la chanter, car le public est à chaque fois différent, soir après soir, attend la chanson et c’est toujours un plaisir de voir sa réaction.

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