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Dans les faits, Fabrice Laurent, directeur de Performances d’acteur, et Agnès Bonnet, directrice artistique depuis près de deux décennies, ont transmis le flambeau il y a près d’un an. Mais aucune communication officielle n’avait accompagné ce changement de gouvernance. à la tête du festival cannois lancé en 1979, qui a vu passer les plus grands noms de l’humour et participé à l’éclosion de plusieurs générations de talents, on retrouve désormais Grégoire Furrer.

Transition fluide

L’homme est une référence dans le milieu. Le natif de Genève, alors âgé de 21 ans, avait lancé le Festival du rire de Montreux en 1989 (aujourd’hui Montreux Comedy Festival), une référence en la matière, réunissant 25.000 spectateurs par an et bénéficiant d’une résonance très importante sur les réseaux sociaux (lire encadré).

Pour Fabrice Laurent, ce successeur est apparu comme une évidence. “Avec Agnès, on a toujours marché aux rapports humains. Avec Grégoire, on s’est vite entendus. Il avait la réputation d’aller vite et de faire réellement les choses, contrairement à d’autres personnes de ce métier. Il arrive avec un nouveau projet, pas pour se glisser dans des pantoufles.”

“L’équipe de Grégoire a vraiment les mains libres. De ma bouche ou des gens qui m’entourent, il n’y aura jamais de ‘‘c’était mieux avant’’. La passation technique est longue et compliquée, mais elle se déroule bien. La Covid nous a privés d’une dernière édition forte, qu’on aurait adoré faire. C’était un peu frustrant pour Agnès et moi. Mais il ne fallait surtout pas pousser un an de plus pour de mauvaises raisons”, poursuit Fabrice Laurent.

Grégoire Furrer, lui, apprécie de débarquer en terrain déminé. “C’est très bien d’être accompagné par Fabrice. Il m’a expliqué les rouages parce que chaque ville a ses particularités. Il était aussi important pour moi de m’assurer du soutien de la mairie et du groupe Partouche, un gros partenaire du festival. Je n’ai eu aucune mauvaise surprise, il n’y avait pas de loup. Le truc était sain, bien géré”, explique le nouveau boss de Performances d’acteur qui cumule les casquettes de président de l’association du même nom avec les fonctions de directeur général et artistique.

Conquête internationale et ancrage cannois

à 53 ans, celui-ci a envie de voir du pays et d’étendre son empire de la vanne. En 2015, il a lancé le Johannesburg International Comedy Festival en Afrique du Sud. Depuis, un autre rendez-vous a vu le jour en Côte d’Ivoire. Et c’est loin d’être fini. “Nous sommes actuellement en train de créer un réseau de festivals, avec pour objectif de réunir une dizaine d’événements par an, à travers le monde: de Montréal à Haïti en passant par Paris et Abidjan”, détaillait Grégoire Furrer au journal La Tribune Afrique, en mai dernier.

Et Cannes dans tout ça? Une belle prise, assurément. Un joli clin d’œil pour Furrer, aussi. “Avant, quand l’événement s’appelait encore le Festival international de café-théâtre, tout le métier se réunissait ici. C’est l’endroit où j’ai découvert la production, les grands artistes, les grands médias… Je suis très attaché à ce festival. On oublie souvent que Performances d’acteur est le plus vieux rendez-vous d’humour de la francophonie, qui a ouvert la voie à Montreux ou à Juste pour rire, à Montréal”, insiste le Suisse.

“Jean-Pierre Carriau, le créateur, était un précurseur, un visionnaire. Il avait découvert le phénomène du café-théâtre à Paris, une vraie révolution culturelle, qu’il avait voulu amener très vite en province”, complète Fabrice Laurent.

Tourné sur la programmation de l’édition 2022, qui sera dévoilée en février ou mars, Grégoire Furrer promet de “capitaliser sur l’ADN du festival et les infrastructures incroyables de la ville”.

Fabrice Laurent et Agnès Bonnet, eux, peuvent avoir l’esprit léger. “On a le sentiment d’avoir rempli notre mission. Quand on est arrivés, on voulait retrouver un public important, après un passage à vide. Notre idée fixe, c’était d’ouvrir le Palais des festivals à tout le monde, aux gens des quartiers comme à ceux du centre-ville. Et de rajeunir l’âge moyen des spectateurs. Aujourd’hui, il est de 34 ans”, conclut Fabrice Laurent.

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