Les santons “bougeaient”

C’est pourtant lui qui, ce jour-là, les a appelés par trois fois à l’aide. Se plaignant de tirs d’armes à feu dans le village, s’inquiétant pour sa mère et sa sœur, et affirmant que la famille de son ex-compagne était en voie de radicalisation.

Tout cela n’était pourtant que le fruit de son imagination, pervertie par une prise d’amphétamines qui dure depuis des années.

En plein délire, il refuse de sortir de son habitation et de laisser sa fille rejoindre sa grand-mère qui vit à 50 mètres de là.

À force de négociation et grâce à l’appui des pompiers, il accepte finalement de confier sa fille et d’être hospitalisé.

Mais quand il atteint, sous le regard des gendarmes, le palier de chez sa mère, il se jette à l’intérieur de l’habitation qu’il ferme à clé.

Le major Chabaud décide alors de briser une vitre. Dans la foulée, Hervé se saisit d’un fusil et le braque, utilisant sa fille comme bouclier.

En quelques minutes, la mère et la sœur d’Hervé parviennent à sortir, mais l’homme choisit de rester à l’intérieur avec son enfant.

Il coupe l’électricité et casse son téléphone. Pendant trente heures, à la seule lueur de bougies, il se cloître. Débute une insupportable attente.

“Qu’avez-vous fait pendant tout ce temps, le questionne la présidente Marie-José Coureau-Vergnolle. Je me suis occupé de ma fille, comme il faut.”

Il a aussi tué son chien “parce qu’il m’avait mordu” et tiré en direction de santons, “car ils bougeaient”

“Je prenais du speed pour tenir”

Déjà interné par le passé, Hervé a été hospitalisé au centre Henri-Guerin de Pierrefeu dès son arrestation avant d’être incarcéré.

S’est alors posée la question de l’altération de son discernement. Mais pour l’expert psychiatre, si Hervé F. souffre bien de troubles de la personnalité, c’est la prise de stupéfiants qui l’a mis dans cet état.

“J’étais fatigué, à bout, avoue l’intéressé. Je m’étais arrangé avec la mère de ma fille pour m’en occuper car elle vivait dans un foyer. Je gérais tout… Je prenais du speed pour tenir.” Jusqu’à en craquer…

Pour l’ensemble de son œuvre, il a été condamné à trois ans d’emprisonnement et cinq ans de suivi socio-judiciaire avec notamment une injonction de soins.

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