C’est quoi encore ce truc sphérique et gélatineux qui flotte actuellement dans les eaux de Nice et de Villefranche? On dirait une grosse bouche velue, un pneu strié, une bouée difforme, une soucoupe sous-marine. Réponse à celles et ceux qui ont croisé la “chose”: c’est une méduse. Une Equorée, de son vrai nom latin aequora forskalea.

Sylvie B, sportive pratiquant l’aviron, en a percuté une de sa rame, dans la rade de Villefranche-sur-Mer. Redoutant d’en revoir d’autres lorsqu’elle nage le matin tôt en Baie des Anges. Une autre inconditionnelle du front de mer niçois, Emmanuelle Lara, a partagé sa vision sur les réseaux sociaux: “Il y a deux jours, sur la Prom’, j’ai pu apercevoir une méduse que je ne connaissais pas. Trois ans que je suis niçoise et je n’en avais encore jamais vu! Aujourd’hui, du côté de Saint-Jean, j’en revois une! Et cette fois, j’ai pu la prendre en photo!” C’est d’ailleurs un de ses superbes clichés que nous nous sommes permis de reproduire ci-dessus… Piquante la méduse? “Peu urticante comparée à la pélagie”, poursuit Emmanuelle.

Par dizaines dans le Var

Bien que rare chez nous, cette espèce ne s’est pas limitée à Nice et ses environs. Ce week-end, en effet, plusieurs de ces méduses transparentes et irisées, ont été aperçues dans le Var: Porquerolles, Le Pradet, Toulon, La Seyne. Des dizaines d’équorées. Volumineuses. Imp ressionnantes. Comme l’a indiqué notre confrère de Var-Matin, Matthieu Dalaine, l’information a été “confirmée par le portail d’observation de méduses en Méditerranée…”

Pourquoi cette méduse a-t-elle rappliqué près des rivages azuréens comme varois? Est-ce à cause de la température de l’eau? Trop froide pour la saison?

À Nice, en ce moment, elle n’est qu’à 15°. Voici le point de vue de Manuel Marchioretti, docteur en biologie marine: “Certes, on pourrait imaginer qu’il y ait eu une remontée d’eau profonde avec un peu de plancton. Ce qui est sûr, c’est que pour que l’équorée achève son cycle d’apparition, il a fallu un concours de circonstances. Et pour que la méduse se retrouve sur une plage, il en a fallu un autre. Comme un gros coup de vent, tout simplement… Les méduses, qui vivent en bancs, n’ont pas une capacité de nage suffisante pour sortir d’un courant. Quand elles arrivent à proximité de la plage, elles sont prisonnières du ressac et meurent, brossées contre le fond et faute de nourriture.”

Pas dangereuse

Peu importe les raisons de cet échouage. L’équorée n’est pas dangereuse. Elle est peu urticante par rapport au petit dragon des mers, la pelagia, aussi gracieuse que venimeuse, et fréquente à quelques mètres des galets. Et pas seulement l’été. On en a vu cet hiver. Si on vous le dit. On était dans l’eau. Des méduses aussi…

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